Ail des ours Allium ursinum
Lorsque, fin avril, début mai, la forêt commence à sentir l’aïoli, c’est que l’ail des ours n’est pas loin ! Découvrez cette plante protégée en Région bruxelloise.

Caractéristiques principales
Observez, identifiez, découvrez
L’ail des ours est une plante herbacée vivace à fleurs blanches. Vous la retrouverez au printemps en vastes colonies qui tapissent les sous-bois ombragés et les vallons humides forestiers. On trouve l’ail des ours dans presque toute l’Europe de l’ouest et l’Europe centrale à l’exception de la région méditerranéenne. Au nord, on en trouve jusqu’au sud de la Scandinavie et des pays baltes, vers l'est jusqu’en Russie européenne. On en trouve également dans le Caucase et en Asie Mineure.
Comment reconnaître l'ail des ours ?
C’est une plante à bulbe qui peut atteindre 30-40 cm de hauteur. Ses fleurs en forme d’étoile sont d’un blanc très pur. Elles sont hermaphrodites (les deux sexes sont présents dans une même fleur). Elles apparaissent au bout de longs pédoncules (tiges), à six pétales, en ombelles qui contiennent les graines qui sont fructifiées.
Chaque tige de l’ail des ours donne naissance à deux ou trois longues feuilles caduques, larges, d’un vert intense, simples et entières rappelant celles du muguet. Bien que poussant en touffes, les feuilles sortent individuellement de terre.

Une plante de sous-bois humide
L’ail des ours est une plante caractéristique des vieilles forêts de feuillus. Elle tapisse certains de nos sous-bois d’où se dégage alors une forte odeur d’ail.
La plante est localement abondante à Bruxelles ; en effet, la Région bruxelloise est entourée par des vestiges de vieilles forêts, des milieux très rares à l’échelle belge et européenne. Voilà pourquoi ils sont très souvent répertoriés dans le réseau européen des sites protégés Natura 2000.
Les vallées de la Woluwe à l’est ou du Molenbeek au nord-ouest de la région, font partie de ses implantations privilégiées. On le retrouve aussi dans le bois de la Cambre.
Elle pousse sur un sol limoneux et frais, de neutre à basique. Elle est sensible au piétinement.
Jadis, l’ail des ours était considéré comme une plante associée à la sorcellerie et à la magie blanche. On pensait d’ailleurs que, glissée dans les poches d’une femme enceinte, il protégerait l'enfant à naître.
La plante doit son nom à la légende qui dit que les ours en étaient friands et s’en goinfraient au sortir de l’hiver. Celtes et Germains l’utilisaient déjà pour ses nombreuses vertus médicinales.
Cycle biologique
Les premières feuilles apparaissent à la fin de l’hiver, en février-mars. Les fleurs se développent entre les mois d’avril et mai. La pollinisation est effectuée par les coléoptères, mouches, abeilles et papillons.
Vers l'été, les feuilles jaunissent et les graines arrivent à maturité. Les graines sont également transportées par les fourmis, ce qui entraîne de nombreux semis spontanés et explique la taille des colonies.
Les parties aériennes disparaissent tout l'été et ne réapparaissent qu'au printemps suivant.
L’ail des ours supporte des températures allant jusqu'à -20°C
- Visibilité : de mi-février à juin
- Floraison : de mars à mai
- Fructification : de mai à juin
- Dormance : de juillet à février
Risques de confusion
Avant sa floraison, on peut confondre ses feuilles avec le colchique d'automne, le muguet ou encore avec le gouet tacheté : tous les trois très toxiques, voire mortels !
Il faut se fier à son odeur caractéristique : quand on froisse ses feuilles, la plante dégage une forte odeur d'ail.
Muguet

Colchique d'automne

Gouet tacheté

Caractéristiques écologiques et biologiques
Il est toujours très apprécié pour sa haute teneur en vitamine C et ses propriétés : l’ail des ours est dépuratif, antiseptique, antiparasitaire, amaigrissant et régénérant.
Alors que son odeur et son goût dégoûtent les herbivores, l'ail sauvage a toutes les propriétés de l'ail cultivé pour la cuisine et il agrémentera délicieusement vos plats.
Sa cueillette est toutefois interdite dans les espaces verts - pensez à le cultiver au jardin.
La pollinisation est effectuée par les coléoptères, mouches, abeilles et papillons. L’ail des ours se multiplie par semis et par division de bulbes. Les graines sont également transportées par les fourmis, ce qui entraîne de nombreux semis spontanés et explique la taille des colonies.
L'ail des ours est une plante caractéristique des habitats Natura 2000 « forêts alluviales » et « chênaies-charmaies ».

Mesures de gestion
Strictement protégé dans les espaces verts, où les cueillettes sauvages compactent les sols et mettent en péril les colonies d'ail (arrachage des bulbes, suppression des fleurs avant la montée en graines...), il est possible de cultiver l'ail des ours au jardin ou même sur un balcon.
Recommandations
- Plantez l'ail des ours en situation ombragée, de sous bois, ou au pied d'une haie.
- Préférez un sol léger (amendez d'un peu de sable) et fertile (compost) qui reproduit un sol de sous-bois frais.
- Transplantez des plants costauds issus d'un autre jardin ou achetez des plants forcés en jardinerie - préférez des pépinières locales et écologiques !
- Ne prélevez pas d'ail des ours dans les parcs et espaces naturels.
- Évitez de cueillir trop de feuilles par plant : privé de toutes ses feuilles en pleine saison, le bulbe va mourir et ne repoussera pas l'année suivante.
- Ne tondez pas les feuilles d'ail flétries avant leur jaunissement complet, pour permettre aux bulbes de se reconstituer.
Plantez et entretenez


Obligations, interdictions... que dit la loi ?
Il est interdit de :
- Cueillir, arracher ou détruire l'ail des ours dans les parcs, espaces verts, cimetières, bois & forêts, réserves naturelles, ainsi que dans les zones vertes à haute valeur biologique définies au plan régional d'affectation du sol (PRAS).
Il est autorisé de :
- Planter et cueillir l'ail des ours dans son jardin si et seulement si les plantes proviennent du commerce ou d'autres jardins (et n'ont pas été prélevées dans des espaces verts ou naturels bruxellois - ce qui constitue une infraction).