Les sols des landes sèches ne dépendent pas de la nappe phréatique, qui peut descendre à plus d’un mètre de la surface, avec un niveau supérieur moyen de 0,49 à 1,6 mètre sous la surface et un niveau moyen de printemps de 0,51 à 1,1 mètre sous la surface. Les vieilles landes à couche d’humus compacte peuvent retenir plus d’eau. L’eau de la nappe présente généralement une teneur en potassium de 1,04 à 6,77 mg K/l, une teneur en chlorure de 2,88 à 17,4 mg Cl/l, et un rapport ionique (entre les ions Ca et Cl) de 24,1 à 73,2 %.
Géréz les landes sèches (habitat 4030)
Les landes sèches sont des formations végétales dominées par des sous-arbrisseaux comme la bruyère commune (Calluna vulgaris). C’est une végétation basse, dont la hauteur ne dépasse généralement guère 1 mètre. Quelques arbres ou arbustes peuvent y pousser par endroits. Ces milieux semi-naturels peuvent être très riches en mousses et lichens, surtout dans les trouées résultant de la dégénérescence des bruyères âgées.

L’habitat Natura 2000 en quelques mots
Les landes sèches sont des formations végétales dominées par des sous-arbrisseaux comme la bruyère commune (Calluna vulgaris). C’est une végétation basse, dont la hauteur ne dépasse généralement guère 1 mètre. Quelques arbres ou arbustes peuvent y pousser par endroits. Ces milieux semi-naturels peuvent être très riches en mousses et lichens, surtout dans les trouées résultant de la dégénérescence des bruyères âgées. Sur les sols sableux, acides et pauvres, la diversité d’espèces végétales est plutôt faible; sur des sols plus limoneux ou sur les sols de landes autrefois cultivés,, la végétation est généralement plus riche en dicotylées et graminées. Dans une lande en bon état, la présence de graminées telles que la molinie, la canche flexueuse et la fétuque capillaire est toujours limitée.
Infos techniques
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Dénomination officielle
Landes sèches européennes
Code
- 4030
Description
Les landes sèches sont des formations végétales dominées par des sous-arbrisseaux comme la bruyère commune (Calluna vulgaris). C’est une végétation basse, dont la hauteur ne dépasse généralement guère 1 mètre. Quelques arbres (pin sylvestre, chêne pédonculé, bouleau verruqueux) ou arbustes (bourdaine, genêts, genévrier ou ronces) peuvent y pousser par endroits. Ces milieux semi-naturels peuvent être très riches en mousses et lichens, surtout dans les trouées résultant de la dégénérescence des bruyères âgées. La structure et la composition de la végétation dépendent beaucoup de la richesse du sol, de la gestion, de l’historique du site et de l’âge de la callune. Sur les sols sableux, acides et pauvres, la diversité d’espèces végétales est plutôt faible; sur des sols plus limoneux ou sur les sols de landes autrefois cultivés , la végétation est généralement plus riche en dicotylées et graminées. Dans une lande en bon état, la présence de graminées telles que la molinie, la canche flexueuse et la fétuque capillaire est toujours limitée.
Afin de préserver la diversité de structure de ces landes, une gestion en mosaïque, à petite échelle doit être mise en place. Des mesures doivent être prises contre la fermeture du milieu et son reboisement naturel et contre la prolifération de la fougère aigle . L’alternance de zones de sable nu, de bruyères jeunes et âgées, de petites zones herbeuses, d’arbustes et d’arbres isolés est favorable à une faune sauvage de grand intérêt.
À Bruxelles, cet habitat de lande peut se présenter sous différentes formes et variantes :
- La lande sèche riche en mousses et lichens, caractérisée par une grande diversité de structure de végétation, avec une part importante de bruyères âgées, à couvert clairsemé, et des trouées laissées par des bruyères mortes, ce qui crée des conditions d’éclairement et de concurrence interspécifique très variées. On la trouve surtout en terrain plat, sur des sols secs podzolisés avec une couche de litière d’épaisseur variable.
- Les landes sèches dégradées, envahies par la molinie ou la canche flexueuse.
- La lande sèche à myrtille, sur des sols à profil humique plus développé, ce qui explique la présence plus abondante du myrtillier. Ce type de lande constitue souvent une transition vers la chênaie claire à bouleaux.
- Les landes sèches à genêt à balai, où la callune est plus haute que d’habitude sous l’effet de l’azote fixé par les nodules racinaires du genêt. Entre les buissons, des plages herbeuses peuvent accueillir des plantes de pelouse maigre ou de prairie à agrostis commun. Dans ce type de lande poussent souvent aussi l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et les ronces, et parfois des raretés telles que le genêt d’Angleterre (Genista anglica), le genêt velu (Genista pilosa) ou la rare orobanche du genêt (Orobanche rapum-genistae), qui parasite le genêt à balai.
En l’absence de gestion, les landes se reboisent et évoluent en chênaie-boulaie acidophile (habitat 9190). Beaucoup d’anciennes landes ont aussi été transformées en terres agricoles ou plantées de ligneux. La lande n’y subsiste généralement plus que de manière relictuelle, au niveau de lisières, d’allées forestières ou de coupes à blanc temporaires.

Consulter la carte des habitats Natura 2000
La richesse de la faune associée dépend surtout de la présence d’une structure de végétation suffisamment variée, où alternent les zones de sable nu, de bruyère jeune et de vieille bruyère, les plages herbeuses, les buissons et les arbres solitaires. Cette diversité structurelle dépend beaucoup de l’étendue de la lande et de la manière dont elle est gérée. La faune des landes sèches est particulièrement riche en espèces thermophiles. Le lézard vivipare est commun dans ces milieux qui peuvent très localement accueillir aussi la coronelle lisse et la vipère péliade. Dans les sentiers et les zones de sable nu courent la cicindèle champêtre et la cicindèle hybride. Les larves de ces coléoptères vivent dans des trous dans le sol, d’où elles capturent des insectes au passage. Les larves de fourmilions attendent également leurs proies au centre de leurs petits entonnoirs creusés dans le sable, dans des zones abritées en bordure des chemins.
Perchées dans la végétation ou posées sur le sable, diverses mouches prédatrices typiques de ces milieux se chauffent au soleil ou guettent leurs proies. Les landes sont riches en espèces d’abeilles sauvages que l’on peut voir butiner en masse les fleurs riches en nectar de la callune, quand fleurit la bruyère. De nombreuses espèces d’abeilles solitaires et de guêpes fouisseuses y creusent des nids souterrains qu’elles approvisionnent en nourriture, où leurs larves pourront se développer sous le sable chaud. Le minotaure typhée y récolte des crottes de lapins ou de moutons qu’il enterre dans des galeries souterraines pour nourrir ses larves. On y trouve aussi de nombreuses espèces de sauterelles et criquets telles que la decticelle des bruyères (Metrioptera brachyptera), le criquet tacheté (Myrmeleotettix maculatus), le criquet des jachères (Chorthippus mollis) et le rare grillon champêtre (Gryllus campestris), ainsi que deux espèces menacées, l’éphippigère des vignes (Ephippiger diurnus) et le sténobothre commun (Stenobothrus lineatus). La callune nourrit les chenilles de nombreux papillons de nuit tels que le petit paon de nuit (Saturnia pavonia), la boarmie brune (Selidosema brunnearia), la callunaire (Pachycnemia hippocastanaria), la fidonie des bruyères (Dyscia fagaria), la noctuelle de la myrtille (Anarta myrtilli) et la noctuelle porphyre (Lycophotia porphyrea). Les landes sèches sont aussi l’habitat de nidification d’oiseaux typiques tels que l’alouette lulu, l’engoulevent, la pie-grièche grise, le traquet motteux, le tarier pâtre et le pipit des arbres.
Caractéristiques du milieu
Sol
L’habitat se rencontre surtout sur des sols pauvres sablonneux, secs et acides, mais également sur des sols un peu plus riches tels que des sables limoneux.
- rapport C/N du sol : compris entre 22 et 43
- azote total du sol : 0,033 à 0,12 kg N/ha
- phosphore total du sol : 38 à 160 kg P/ha
- azote ammoniacal : 0,29 à 6,3 mg N /kg sol
- pH du sol : 4,1 à 5,3
- pouvoir tampon du sol : 1,2 à 7 mmol/m²
- calcium échangeable du sol (Ca_AgTU) : 0,0075 à 2,7 mmol/m²
- chrome total du sol : 2,42 à 24,4 mg Cr/kg de sol séché à l’air
- cobalt total du sol : 0,25 à 1,06 mg Co/kg de sol séché à l’air
Caractéristiques environnementales
Cet habitat se rencontre surtout sur des sols pauvres sablonneux, acides et secs, où le lessivage a développé au cours des siècles un profil typique de podzol constitué d’un horizon A1 sombre, très riche en humus, surmontant un horizon lessivé A2 pâle, couleur de cendre, puis un horizon sombre, souvent induré, d’accumulation du fer, de l’aluminium (rapport Al/Ca de 2,1 à 12) et de la matière organique.
On peut aussi trouver des landes sèches sur des sols un peu plus riches, tels que des sables limoneux. La décomposition de la matière organique est lente, donnant lieu à la formation d’une couche d’humus brut. La végétation de lande à bruyère requiert un climat tempéré et frais, avec une humidité de l’air élevée durant une grande partie de l’année. La végétation est d’autant plus variée que le sol est mieux tamponné contre l’acidification. Le seuil critique de dépôt d’azote atmosphérique se situe entre 7 et 14 kilos N/ha/an.
Les podzols et sols podzolisés résultent d’un lessivage du sol par l’eau de pluie en conditions acides, qui entraîne le fer, l’aluminium et l’humus dissous vers le bas. Sous la couche d’humus se crée ainsi une couche de sol appauvri de couleur claire, que l’on appelle l’horizon lessivé. Les éléments entraînés se déposent plus bas, au niveau d’une couche de couleur plus sombre: l’horizon d’accumulation.
Espèces associées
Flore
Espèces diagnostiques (indicatrices d’une bonne qualité de l’habitat)
Espèces diagnostiques :
Espèces indicatrices de perturbations
Espèces indicatrices de perturbations (graminées colonisatrices) :
Espèces indicatrices de perturbations (enfrichement) :
Espèces indicatrices de perturbations (boisement) :
- Tous les arbres et arbustes
Espèces exotiques invasives :
- La mousse (Campylopus introflexus)
Espèces habituellement présentes, mais non limitées à cet habitat, et indicatrices d’un bon état biotique ou abiotique de l’habitat :
Faune
Espèces caractéristiques, qui se reproduisent préférentiellement dans cet habitat :
Habitat Natura 2000
Des objectifs de conservation quantitatifs et qualitatifs ont été définis pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les zones Natura 2000 de la Région bruxelloise.
Les arrêtés de désignation des trois « Zones spéciales de conservation » (sites Natura 2000) de Bruxelles peuvent être consultés au bas de cette page.
ZSC I : la Forêt de Soignes et ses lisières, les domaines boisés avoisinants et la vallée de la Woluwe
Objectifs quantitatifs
- Au minimum, maintien de la superficie existante.
- Développer des zones de landes (temporaires) sur les clairières dans des types de bois acidophile (9120 et 9190).
- Mise en œuvre d'un réseau avec ce type d’habitat au sein de la Forêt de Soignes et dans la Vallée de la Woluwe.
Objectifs qualitatifs
- Développer cet habitat en tant que élément de bonne qualité structurelle dans les habitats 9120 et 9190.
- Parvenir à des zones avec présence de bruyères et autres espèces clés de l’habitat.
- Créer des conditions favorables pour l’habitat s’étendant à partir des endroits où l’habitat est présent.
- Intégrer l’habitat dans un réseau cohérent de bois, lisières et clairières permettant la dissémination par graines d'espèces végétales clé et la dispersion de la faune associée.
Mesures Natura 2000 générales pour cet habitat

Des mesures de gestion générales ont été définies pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. Ces mesures sont expliquées plus en détail dans les plans de gestion des stations constitutives de ces sites Natura 2000.
Gérez les landes sèches
Entretenez l'habitat
Pour accueillir une grande biodiversité, les landes sèches doivent offrir une grande diversité de structure, avec une mosaïque de zones de bruyères jeunes et de bruyères âgées, et localement quelques arbres et buissons. Une gestion de coupe cyclique est nécessaire périodiquement pour éviter que la lande ne se reboise. Les circonstances locales et les objectifs en matière de faune et de flore détermineront le choix des méthodes mises en œuvre, telles que la fauche, le pâturage, l’étrépage ou le brûlage dirigé. L’étrépage et le brûlage ne seront de toute manière pratiqués qu’exceptionnellement, sur des petites surfaces et fractionnés dans le temps. En règle générale, une gestion à petite échelle (par petites zones) favorise la conservation ou la restauration d’une grande diversité d’espèces. Si les superficies à gérer sont grandes, la diversité de structure peut s’obtenir en variant la pression de pâturage.
Gérez et restaurez l'habitat
Pour restaurer une végétation de lande, il faut contrer les effets de l’acidification et de l’eutrophisation. Le moyen le plus efficace d’appauvrir le sol rapidement est de le décaper presque jusqu’au début de sa couche pauvre en matière organique (horizon A2) : c’est ce qu’on appelle l’étrépage. Le fauchage et le brûlage contrôlé suivi de l’enlèvement de la litière permettent aussi d’exporter beaucoup d’éléments nutritifs. Ces mesures ne garantissent cependant pas la restauration d’une lande dégradée. Pratiqués à grande échelle, l’étrépage et le brûlage sont souvent destructeurs pour la faune et ont tendance à uniformiser la structure de la végétation. La présence d’une banque de graines dans le sol ou de sources de graines dans les environs est nécessaire pour la restauration d’une végétation de lande diversifiée. Sur des landes qui se sont reboisées ou ont été plantées d’arbres, les possibilités de restauration de l’habitat dépendent de la durée du boisement et du degré de perturbation du sol et de l’hydrologie. Certaines plantes ont des graines qui conservent longtemps leur pouvoir germinatif (plusieurs dizaines d’années pour la callune), alors que d’autres ont une durée de vie beaucoup plus courte. Sur des sols sableux pauvres dont le boisement naturel ou artificiel est relativement récent, une restauration est certainement possible à brève échéance. Sur des landes converties en terres agricoles, une restauration de l’habitat demandera une gestion d’amaigrissement de longue durée, souvent précédée d’un décapage de la couche de sol supérieure enrichie d’engrais. Les landes converties en champs, qui ont généralement perdu leur banque de graines d’origine, peuvent être réensemencées avec succès par épandage du produit de l’étrépage d’une lande, après restauration de conditions abiotiques favorables.
La lande à bruyère peut être colonisée par des graminées sociales telles que la molinie et la canche flexueuse, dont la prolifération fait régresser les autres plantes. Ce problème peut être la conséquence d’un enrichissement du milieu en éléments nutritifs ou d’une gestion inadéquate.
L’envahissement par les graminées est un problème fréquent dans les landes à bruyère. « L’enrichissement » du milieu à l’origine de ce phénomène, généralement dû aux dépôts d’azote atmosphérique, incite la callune à poursuivre sa croissance plus longtemps et retarder sa dormance hivernale. Elle est donc plus sensible aux gelées, qui peuvent lui être fatales. Les trouées résultant de son dépérissement peuvent être occupées par des graminées envahissantes, dont la croissance est favorisée par l’apport de nutriments. Les grandes sécheresses estivales accentuent encore le problème. En raison de sa plus forte croissance, la callune perd plus d’eau et est défavorisée par rapport aux graminées, qui prennent le dessus. Les trouées résultant d’incendies ou de fortes attaques d’insectes peuvent aussi être rapidement colonisées par les graminées. L’étrépage peut aider à restaurer les landes envahies par les graminées. Contrairement à la callune, la canche flexueuse ne constitue pas de banque de graines capable de survivre longtemps dans le sol. Dans les zones étrépées, la callune a donc l’avantage. Contre la molinie, la lutte n’est pas si simple. Souvent, des graines et des fragments de souches porteurs de bourgeons subsistent après l’étrépage et peuvent recoloniser le sol plus vite que la callune. Il faut alors intervenir par fauchage ou pâturage, ou pratiquer un étrépage plus profond, mais on risque alors de perdre aussi les graines de la flore typique des landes. Dans les prairies aussi, il est courant qu’une ou plusieurs espèces de graminées telles que la houlque velue ou le fromental dominent le reste de la végétation. Faucher deux fois par an avec évacuation du produit permet en général de réduire progressivement cette dominance et laisser de la place à une plus grande diversité de plantes typiques.

Critères d’état de conservation favorable de l’habitat
Structure de l’habitat
- Les sous-arbrisseaux (myrtille, callune, bruyère cendrée, bruyère quaternée, airelle) sont au moins codominants.
- Structure d’âge de la callune* : au moins deux phases du cycle de développement de la callune sont fréquentes (c’est-à-dire présentes avec un recouvrement ≥ 5 %).
- Au moins une des phases présentes est la phase de maturité ou la phase de dégénérescence de la callune.
* Remarque : la structure d’âge de la callune a beaucoup d’importance dans l’évaluation de la structure d’une lande sèche. Le cycle de vie de la callune comprend quatre phases successives (pionnière / édificatrice / maturité / dégénérescence) qui diffèrent en termes de recouvrement, de croissance et de floraison de la callune, mais aussi de microclimat et de cortège d’espèces associées. Plus il y aura de phases présentes sur la lande, plus l’habitat sera robuste, richement structuré et riche en biodiversité. Une structure d’âge uniforme est généralement le signe d’une gestion inadéquate.
Composition de la végétation
- Présence de callune ET d’au moins une autre espèce diagnostique.
Perturbations
- Recouv.rement de graminées envahissantes ≤ 50 %, et idéalement plus faible dans certaines zones
- Recouvrement d’arbres et arbustes pionniers ≤ 10 % (et idéalement ≤ 5 %), sans compter les vieux arbres isolés ou bouquets de vieux arbres.
- Recouvrement de plantes indicatrices d’enfrichement ≤ 10 %.
- Recouvrement de plantes exotiques invasives ≤ 10 %.

Menaces
- Par le passé, de nombreuses landes à bruyère ont disparu pour faire place à des lotissements ou des plantations de ligneux. Aujourd’hui, la principale cause de disparition de l’habitat est le reboisement naturel des landes laissées à l’abandon.
- L’eutrophisation et l’acidification du milieu entraînent une perte de structure et de diversité de la végétation : l’azote est généralement le facteur limitant de la croissance des plantes de landes. Si les dépôts d’azote atmosphérique sont importants et s’accumulent dans le sol, certaines graminées profiteront de l’ouverture du couvert en phase de dégénérescence de la callune pour envahir la lande, et le milieu évoluera vers une lande dégradée dominée par la canche flexueuse ou la molinie. Les causes de cette colonisation par les graminées sociales sont complexes. La molinie peut profiter de l’ensablement dû au vent pour s’étendre. La progression des graminées est favorisée aussi par les épisodes de sécheresse ou de fortes gelées, d’incendie ou de défoliation par une prolifération de chrysomèle des bruyères. L’acidification, due généralement à la présence de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote ou d’ammoniac dans les précipitations, peut rendre le sol trop acide pour de nombreuses espèces menacées caractéristiques de l’habitat : les conditions abiotiques altérées ne permettent plus à ces plantes d’y germer et de s’installer, contrairement à la callune, plus commune, qui ne craint pas les sols les plus acides.
- Depuis des zones boisées voisines, certaines landes peuvent être envahies par la fougère aigle, pour des raisons précises qui ne sont pas connues.
- Les landes à callune âgées en phase de dégénérescence, riches en mousses et lichens, sont très sensibles au piétinement et à la colonisation des zones de sable nu par la mousse américaine Campylopus introflexus, en forte progression dans ce type de milieu.
- Du fait de leur taille réduite, les zones relictuelles de lande à bruyère sont particulièrement sensibles à diverses formes de perturbations ou dégradations.
- Les incendies de grandes étendues de lande à bruyère sont particulièrement dommageables pour la faune et peuvent favoriser l’envahissement de la lande par les graminées.
- La fréquentation intensive de loisirs est une source de perturbations pour la faune.