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Une initiative deBruxelles Environnement

Gérez les prairies à agrostis commun (habitat HIR HA)

Les prairies à agrostis commun sont des prairies typiques de sols acides relativement pauvres.

Image de l’agrostis des sables (agrostis vinealis)

L’habitat d'intérêt régional en quelques mots

Les prairies à agrostis commun sont des prairies typiques de sols acides relativement pauvres. Leur végétation, constituée en partie d’espèces communes que l’on trouve aussi dans d’autres types de prairies, comme l’achillée millefeuille, le plantain lancéolé, la renoncule bulbeuse, le séneçon jacobée et l’agrostis commun, se distingue par la présence d’espèces moins communes telles que le céraiste des champs, la luzule champêtre, la porcelle enracinée, le liondent des rochers ou thrincie et l’épervière piloselle.

Infos techniques

Public cible Pouvoirs publics - Professionnels
Saison Automne - Hiver - Printemps - Été
Type d'action Entretenir - Préserver - Diagnostiquer
Espace concerné Natura 2000 - Espace vert
Niveau Confirmé

Observez, déterminez, découvrez

Dénomination officielle

Prairies à Agrostis commun (Agrostis capillaris)

Code

  • HGB HA

Description

Les prairies à agrostis commun présentent un tapis de graminées assez couvrant, dans lequel poussent aussi des plantes de sols pauvres et acides mais où les plantes annuelles ont du mal à se faire une place, faute d’ouvertures dans le couvert. Des prairies sèches correspondant à des formes peu développées de cet habitat existent un peu partout, souvent sur des sols sableux de richesse trophique modérée. Des formes bien développées de l’habitat peuvent occuper des talus maigres, bords de routes, allées et digues, ou encore des pelouses de jardins non fertilisées. On peut très rarement en trouver aussi dans des pâtures de particuliers (un seul cas rapporté).

Image de la luzule champêtre (luzula campestris)
La luzule champêtre (Luzula campestris) © Ed Stikvoort (Saxifraga)

Consultez la carte des habitats d'intérêt régional


Caractéristiques du milieu

Hydrologie

Les prairies à agrostis commun ne sont pas dépendantes de la nappe phréatique.

Relations

Flore

Espèces diagnostiques (indicatrices d’une bonne qualité de l’habitat)

Espèces indicatrices de qualité de l’habitat : 

  • le céraiste des champs (Cerastium arvense)
  • l’achillée millefeuille (Achillea millefolium)
  • le lotier corniculé (Lotus corniculatus subsp. Corniculatus)
  • le bec-de-cigogne (Erodium cicutarium subsp. Cicutarium)
  • la luzule champêtre (Luzula campestris)
  • la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata)
  • le pied-de-lièvre (Trifolium arvense)
  • le petit boucage (Pimpinella saxifraga)
  • le liondent des rochers ou thrincie (Leontodon saxatilis)
  • le trèfle des champs (Trifolium campestre)
  • l’épervière piloselle (Hieracium pilosella)
  • la petite oseille (Rumex acetosella)
  • l’épervière en ombelle (Hieracium umbellatum)
  • le millepertuis commun (Hypericum perforatum)
  • le céraiste scarieux (Cerastium semidecandrum)
  • la laîche des sables (Carex arenaria)


Espèces caractéristiques des prairies maigres et pelouses pionnières sur sols acides :

  • la bétoine (Stachys officinalis)
  • la succise des prés (Succisa pratensis)
  • la violette de Rivin (Viola riviniana)
  • le nard (Nardus stricta)
  • le gnaphale des bois (Gnaphalium sylvaticum)
  • le corynéphore (Corynephorus canescens)
  • l’épervière vulgaire (Hieracium lachenalii)
  • la cotonnière naine (Filago minima)
  • la vulpie queue-d’écureuil (Vulpia bromoides)
  • la fétuque capillaire (Festuca filiformis)
  • le millepertuis élégant (Hypericum pulchrum)
  • le gaillet jaune (Galium verum)
  • le polygala vulgaire (Polygala vulgaris)
  • la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia)
  • la spargoute printanière (Spergula morisonii)
  • la violette des chiens (Viola canina)
  • la téesdalie (Teesdalia nudicaulis)
  • le serpolet à feuilles étroites (Thymus serpyllum)
  • la potentille anglaise (Potentilla anglica)
  • le gaillet du Harz (Galium saxatile)
  • la véronique officinale (Veronica officinalis)
  • l’épervière petite-laitue (Hieracium lactucella)
  • l’œillet deltoïde (Dianthus deltoides)
  • l’épervière lisse (Hieracium laevigatum), l’euphraise raide (Euphrasia stricta)
  • la danthonie tridentée (Danthonia decumbens)
  • la tormentille (Potentilla erecta)
  • la luzule multiflore (Luzula multiflora)
  • la potentille argentée (Potentilla argentea)
  • la canche printanière (Aira praecox)
  • la laîche printanière (Carex caryophyllea)
  • la jasione des montagnes (Jasione montana)
  • l’agrostis des sables (Agrostis vinealis)
  • la canche caryophyllée (Aira caryophyllea)

Espèces indicatrices de perturbations

Espèces indicatrices de perturbations (enfrichement) : 

  • les ronces (Rubus sp.)
  • la berce commune (Heracleum sphondylium)
  • le calamagrostis commun (Calamagrostis epigejos)
  • le dactyle (Dactylis glomerata)

Espèces indicatrices de perturbations (exploitation intensive), dont l’extension peut témoigner d’une charge de pâturage excessive : 

  • le ray-grass commun (Lolium perenne)
  • le géranium fluet (Geranium pusillum)
  • la renoncule rampante (Ranunculus repens)
  • le pâturin commun (Poa trivialis)
  • le trèfle rampant (Trifolium repens)
  • le géranium mollet (Geranium molle)

Espèces indicatrices de perturbations (eutrophisation) : 

  • la grande ortie (Urtica dioica)
  • le lierre terrestre (Glechoma hederacea)
  • le gratteron (Galium aparine)

Espèces indicatrices de perturbations (rudéralisation) :

  • le cirse des champs (Cirsium arvense)
  • la tanaisie (Tanacetum vulgare)
  • la vergerette du Canada (Conyza canadensis)
  • le plantain majeur (Plantago major)
  • la prêle des champs (Equisetum arvense)
  • la bourse-à-pasteur commune (Capsella bursa-pastoris)
  • le ray-grass d’Italie (Lolium multiflorum)
  • le séneçon jacobée (Senecio jacobaea)
  • le crépis à tige capillaire (Crepis capillaris)
  • le chiendent commun (Elymus repens)
  • l’oseille à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius)
  • la laîche hérissée (Carex hirta)
  • le pâturin annuel (Poa annua)
  • la renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
  • la potentille rampante (Potentilla reptans)
  • la linaire commune (Linaria vulgaris)
  • le mouron des oiseaux (Stellaria media)
  • le brome mou (Bromus hordeaceus)

Habitat Natura 2000

Des objectifs de conservation quantitatifs et qualitatifs ont été définis pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les zones Natura 2000 de la Région bruxelloise.


Les arrêtés de désignation des trois « Zones spéciales de conservation » (sites Natura 2000) de Bruxelles peuvent être consultés au bas de cette page.

ZSC I : Forêt de Soignes et Vallée de la Woluwe

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de la surface existante.

Objectifs qualitatifs

  • Au minimum, maintien de l'état de conservation qualitatif existant.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces végétales clé telles que Hieracium pilosella, Trifolium arvense, Potentilla erecta, Hieracium umbellatum, Luzula campestris, Anthoxantum odoratum, Rumex acetosella et la dispersion de la faune associée.

ZSC II : Zones boisées et ouvertes d'Uccle

Objectifs quantitatifs

  • Maintien des 0,2 ha existant.

Objectifs qualitatifs

  • Au minimum, maintien de l'état de conservation existant au moment de l'identification du site.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces clé telles que Hieracium pilosella, Trifolium arvense, Potentilla erecta, Hieracium umbellatum, Luzula campestris, Anthoxantum odoratum, Rumex acetosella. 

Mesures Natura 2000 générales pour cet habitat

Image de la porcelle enracinée (hypochaeris radicata)
La porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) © Jan van der Straaten (Saxifraga)

Des mesures de gestion générales ont été définies pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. Ces mesures sont expliquées plus en détail dans les plans de gestion des stations constitutives de ces sites Natura 2000.

  • Appliquez une gestion de fauche d’amaigrissement.
  • Supprimez les sources d’acidification et d’eutrophisation.

Gérez les prairies à agrostis commun

Entretenez l'habitat

La gestion d’entretien des prairies à agrostis commun peut être une gestion de fauche tardive ou de pâturage extensif. Le fauchage (avec évacuation de l’herbe coupée) doit avoir lieu une fois par an, fin août / début septembre, à condition bien sûr que les espèces patrimoniales aient eu le temps de produire leurs graines, sans quoi la fauche doit être un peu retardée. Le pâturage extensif est également une solution possible pour la conservation de prairies sèches à agrostis commun riches en espèces. 

La charge et le calendrier de pâturage viseront en ce cas l’obtention d’une végétation suffisamment courte à l’entrée de l’hiver, mais veilleront aussi à ce que les espèces patrimoniales puissent produire leurs graines. Comme dans toutes les gestions de fauche ou de pâturage, il est important pour la faune de conserver tout l’hiver une part de zones refuges non fauchées ni pâturées. Dans un paysage comportant aussi de la lande, des mégaphorbiaies et/ou des ourlets forestiers, ces zones refuges pourront aussi être situées juste à côté de la prairie maigre.

Image du pied-de-lièvre (trifolium arvense)
Le pied-de-lièvre (Trifolium arvense) © Hans Dekker (Saxifraga)

Critères d’état de conservation favorable de l’habitat

Composition de la végétation

  • Présence fréquente d’au moins 5 espèces indicatrices de qualité de l’habitat ou espèces caractéristiques des prairies maigres et pelouses pionnières sur sols acides sur une superficie de 5x5 m².
  • Recouvrement d’espèces indicatrices de qualité de l’habitat ou espèces caractéristiques des prairies maigres et pelouses pionnières sur sols acides ≥ 10 %.

Structure de la végétation

  • Recouvrement de graminées ≤ 70 %.
  • Pas d’espèces dominantes (recouvrement d’une ou deux espèces ≥ 70 %).
  • Présence d’arbres ou arbustes tout au plus occasionnelle.

Perturbations

  • Les zones dominées par des espèces indicatrices de perturbations n’occupent pas plus que le pourcentage ci-dessous de la superficie :
    - Espèces indicatrices d’enfrichement : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices d’exploitation intensive : recouvrement ≤ 30 %.
    - Espèces indicatrices d’eutrophisation : présence tout au plus occasionnelle.
    - Espèces indicatrices de rudéralisation : recouvrement ≤ 10 %.
Image de l’agrostis des sables (agrostis vinealis)
L’agrostis des sables (Agrostis vinealis) © Rutger Barendse, Saxifraga

Menaces

  • Fertilisation et eutrophisation : apport d’éléments nutritifs (azote et phosphore surtout) provenant de l’agriculture, de la circulation routière et de l’activité industrielle, par les dépôts atmosphériques et le ruissellement pollué. Dans les prairies maigres, l’azote est généralement considéré comme le principal facteur limitant la croissance de la végétation. Les quantités d’azote disponibles ont fortement augmenté au cours des dernières décennies sous l’effet des retombées atmosphériques, souvent avec pour conséquence une augmentation du recouvrement par les graminées et, en terrain sec, une forte dominance de la canche flexueuse ou de l’agrostis commun. Certaines études suggèrent cependant que c’est plutôt la disponibilité du phosphore dans le sol qui a un impact déterminant sur la richesse floristique des prairies maigres : plus la disponibilité de phosphore est élevée, plus la production de biomasse sera importante, et donc aussi la concurrence subie par la flore caractéristique des prairies maigres, moins compétitive. Cette influence prépondérante de la disponibilité en phosphore sur la présence ou non des espèces caractéristiques des prairies maigres semble confirmée par une analyse floristique de portée limitée.
  • L’acidification du sol par les retombées atmosphériques est également une cause importante de régression des prairies maigres sèches ou humides. Elle impacte l’habitat essentiellement de deux manières :
    - Un basculement se produit dans la manière dont le sol régule son pH (pouvoir tampon. En temps normal, la « capacité d’échange cationique » du sol intervient : les cations basiques de calcium, magnésium et potassium retenus à la surface du complexe adsorbant argilo-humique sont échangés contre des protons, ralentissant ainsi les variations de pH. Les cations libérés sont entraînés par la pluie vers les profondeurs du sol, où ces nutriments importants ne sont plus accessibles pour les racines des plantes. Au-delà d’un certain seuil d’acidité, vers pH 4,5, un autre mécanisme entre en jeu : l’altération chimique des composés d’aluminium et de fer en conditions acides, avec libération d’ions métalliques. On assiste alors à une augmentation des concentrations en métaux dans l’eau du sol, et en particulier de la teneur en aluminium (Al3+) toxique pour de nombreuses plantes des prairies maigres, surtout dans des sols carencés en calcium ou en potassium.
    - L’acidification impacte également la décomposition de la matière organique. Elle inhibe l’activité des vers de terre et des microorganismes du sol. La litière mal décomposée s’accumule, la minéralisation et la nitrification sont ralenties, entraînant de fortes concentrations d’azote ammoniacal dans l’eau du sol. Incapables de supporter ces teneurs élevées en ions ammonium associées à des pH bas, les plantes caractéristiques des prairies maigres acides disparaissent, victimes de l’acidification.

Partenaires

Cette page a été réalisée grâce au contenu d'Ecopedia

Cette page a été réalisée grâce au soutien financier du programme LIFE de l'UE dans le cadre du projet LIFE Belgium for Biodiversity project (LIFE B4B).

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