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Une initiative deBruxelles Environnement

Gérez les prairies à crételle (habitat HIR KAM)

Les prairies à crételle ou pâtures à crételle sont des prairies permanentes pâturées (surtout par des bovins) sur des sols relativement riches, caractérisées notamment par la présence de crételle (Cynosurus cristatus).

Image de prairie à crételle

L’habitat d'intérêt régional en quelques mots

Les prairies à crételle ou pâtures à crételle sont des prairies permanentes pâturées (surtout par des bovins) sur des sols relativement riches, caractérisées notamment par la présence de crételle (Cynosurus cristatus). Comme la crételle n’est (presque) plus incluse dans les mélanges à semer, sa présence dans les prairies agricoles a fortement diminué, mais elle n’est pas (encore) rare. Les prairies à crételle correspondent donc typiquement à des prairies permanentes anciennes, qui n’ont pas été labourées et ressemées récemment. Outre la crételle, les plantes caractéristiques de cet habitat d’intérêt régional incluent l’orge faux-seigle, la pâquerette, la brunelle commune, la fléole des prés et la véronique à feuilles de serpolet. À cela s’ajoutent bon nombre d’espèces que l’on trouve aussi dans d’autres types de prairies, telles que la cardamine des prés, la flouve odorante, le plantain lancéolé, le trèfle des prés, la porcelle enracinée et, sur des sols plus humides, le vulpin des prés, le lotier des fanges, le lychnis fleur-de-coucou et le jonc aggloméré. C’est surtout avec les prairies à fromental que les prairies à crételle ont des espèces en commun, et aussi avec les prairies à populage des marais pour les prairies les plus humides. Les prairies à crételle sur sols calcaires, dont la flore est beaucoup plus riche en espèces, relèvent d’un autre type d’habitat, d’intérêt communautaire (Natura 2000): l’habitat 6510, prairies maigres de fauche de basse altitude.

Infos techniques

Public cible Professionnels - Pouvoirs publics
Saison Automne - Hiver - Printemps - Été
Type d'action Entretenir - Préserver - Diagnostiquer
Espace concerné Natura 2000 - Espace vert
Niveau Confirmé

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Dénomination officielle

Prairies à crételle

Code

  • HIR KAM

Description

Les prairies à crételle se reconnaissent assez facilement à la structure de leur végétation, mais se démarquent assez peu par leur composition floristique, c’est pourquoi certains auteurs ne les distinguent pas des prairies à fromental, ou des prairies à populage des marais pour les formes humides. C’est surtout la continuité d’utilisation comme pâture qui, combinée à la présence diagnostique de crételle, permet de les reconnaître. La conversion en prairies intensives a considérablement raréfié ce type d’habitat, autrefois très commun, qui ne subsiste souvent plus que dans des petites zones marginales, telles que les pâtures à chevaux de particuliers. L’intérêt des acteurs de la conservation de la nature pour ce type de prairie a beaucoup augmenté récemment, en raison d’une part de leur importance pour les populations hivernantes d’oies sauvages, et d’autre part malgré tout pour leur intérêt botanique, surtout en bordure des parcelles, ou bien sûr s’il s’agit des rares prairies à crételle sur sols calcaires.

Image de prairie à crételle
Prairie à crételle © Yves Adams, Vilda

Consultez la carte des habitats d'intérêt régional


Caractéristiques du milieu

Hydrologie

La flore la plus typique des prairies à crételle ne dépend pas du niveau de la nappe phréatique.

Sol

On peut trouver des prairies à crételle sur la plupart des types de sols. Sur les sols plus légers (sableux, tourbeux, sablo-limoneux), ces prairies sont souvent associées à une légère fumure organique, tandis que sur des sols plus lourds (limoneux ou argileux), elles peuvent aussi se développer et prospérer sans fumure organique.

Espèces associées

Flore

Espèces diagnostiques (indicatrices d’une bonne qualité de l’habitat)

Espèces caractéristiques : 

  • la brunelle commune (Prunella vulgaris)
  • la fléole des prés (Phleum pratense)
  • la crételle (Cynosurus cristatus)
  • le torilis noueux (Torilis nodosa)
  • la pâquerette (Bellis perennis)
  • la véronique à feuilles de serpolet (Veronica serpyllifolia)
  • l’orge faux-seigle (Hordeum secalinum)
  • le léontodon d'automne (Leontodon autumnalis)
  • le persil des moissons (Petroselinum segetum)

Espèces indicatrices de perturbations

Espèces indicatrices de perturbations (enfrichement) : 

  • la berce commune (Heracleum sphondylium)
  • l’angélique sauvage (Angelica sylvestris)
  • la consoude officinale (Symphytum officinale)
  • la salicaire commune (Lythrum salicaria)
  • le liseron des haies (Calystegia sepium)
  • le cirse des marais (Cirsium palustre)
  • le dactyle (Dactylis glomerata)
  • la glycérie aquatique (Glyceria maxima)
  • la reine-des-prés (Filipendula ulmaria)
  • le roseau (Phragmites australis)
  • la baldingère (Phalaris arundinacea)

Espèces indicatrices de perturbations (intensification), dont l’extension témoigne d’une charge de pâturage excessive ou d’une fumure : 

  • le ray-grass commun (Lolium perenne)
  • la fléole des prés (Phleum pratense)
  • la renoncule rampante (Ranunculus repens)
  • le trèfle rampant (Trifolium repens)

Espèces indicatrices de perturbations (eutrophisation)

  • la grande ortie (Urtica dioica)
  • le lierre terrestre (Glechoma hederacea)
  • le gratteron (Galium aparine)

Espèces indicatrices de perturbations (humidification)

  • la renoncule flammette (Ranunculus flammula)
  • l’agrostis stolonifère (Agrostis stolonifera)
  • le vulpin genouillé (Alopecurus geniculatus)
  • la glycérie flottante (Glyceria fluitans)
  • l’agrostis des chiens (Agrostis canina)

Espèces indicatrices de perturbations (joncs en touffes), dont l’extension peut témoigner de compaction du sol, d’eutrophisation ou de modifications du régime hydrique :

  • le jonc aggloméré (Juncus conglomeratus)
  • le jonc épars (Juncus effusus
  • le jonc glauque (Juncus inflexus)

Espèces indicatrices de perturbations (rudéralisation) : 

  • le cirse des champs (Cirsium arvense)
  • la renoncule sarde (Ranunculus sardous)
  • la tanaisie (Tanacetum vulgare)
  • le plantain majeur (Plantago major)
  • la prêle des champs (Equisetum arvense)
  • le ray-grass d’Italie (Lolium multiflorum)
  • le séneçon jacobée (Senecio jacobaea)
  • la patience agglomerée (Rumex conglomeratus)
  • l’oseille crépue (Rumex crispus)
  • le chiendent commun (Elymus repens)
  • la glycérie flottante (Glyceria fluitans)
  • les pissenlits (Taraxacum sp.)
  • l’oseille à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius)
  • la laîche hérissée (Carex hirta)
  • le cirse commun (Cirsium vulgare)
  • le pâturin commun (Poa annua)
  • le jonc grêle (Juncus tenuis)
  • le mouron des oiseaux (Stellaria media)
  • le poivre d’eau (Polygonum hydropiper)
  • le brome mou (Bromus hordeaceus)

Habitat Natura 2000

Des objectifs de conservation quantitatifs et qualitatifs ont été définis pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les zones Natura 2000 de la Région bruxelloise.

Les arrêtés de désignation des trois « Zones spéciales de conservation » (sites Natura 2000) de Bruxelles peuvent être consultés au bas de cette page.

ZSC I : Forêt de Soignes et Vallée de la Woluwe

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de 25 ha de cet habitat.

Objectifs qualitatifs

  • Evoluer vers un état de conservation favorable sur 50 % de la superficie.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces végétales clé telles que Achillea millefolium, Agrostis capillaris, Cardamine pratensis, Plantago lanceolata, Ranunculus acris, Bellis perennis, Phleum pratense, Trifolium repens, Taraxacum spp. et la dispersion de la faune associée.

ZSC II : Zones boisées et ouvertes d'Uccle

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de 50% de la superficie de cet habitat.

Objectifs qualitatifs

  • Au minimum, maintien de l'état de conservation existant au moment de l'identification du site.

  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces clé telles que Achillea millefolium, Agrostis capillaris, Cardamine pratensis, Plantago lanceolata, Ranunculus acris, Bellis perennis, Phleum pratense, Trifolium repens, Taraxacum spp.

ZSC III : Zones boisées et humides de la vallée du Molenbeek

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de 5 ha de cet habitat.

Objectifs qualitatifs

  • Evoluer vers un état de conservation favorable sur 50 % de la superficie à maintenir.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces végétales clé telles que Achillea millefolium, Agrostis capillaris, Cardamine pratensis, Plantago lanceolata, Ranunculus acris, Bellis perennis, Phleum pratense, Trifolium repens, Taraxacum spp. et la dispersion de la faune associée.

Mesures Natura 2000 générales pour cet habitat

Image de prairie à crételle
Prairie à crételle © Yves Adams (Vilda)

Des mesures de gestion générales ont été définies pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. Ces mesures sont expliquées plus en détail dans les plans de gestion des stations constitutives de ces sites Natura 2000.

  • Appliquez une gestion de fauche et/ou une gestion de pâturage extensif.
  • Supprimez les sources d’assèchement et d’eutrophisation.
  • Evitez l'eutrophisation et l'acidification des sols.

Gérez les prairies à crételle

Entretenez l'habitat

La gestion des prairies à crételle est une gestion de pâturage. Le type d’animaux (chevaux, vaches, moutons, ânes) est sans importance. La période de pâturage peut varier. Dans les zones de nidification d’oiseaux des prés, le pâturage ne doit idéalement commencer qu’après le 15 juin. 

Dans d’autres zones, le pâturage peut débuter dès que la prairie offre une quantité de nourriture suffisante, pour se terminer quand il n’y a plus assez à manger. Le nourrissage d’appoint en prairie est à éviter, car il entraîne une augmentation indésirable de la richesse trophique du milieu.

Image de la brunelle commune (prunella vulgaris)
La brunelle commune (Prunella vulgaris) © Mark Zekhuis (Saxifraga)

Critères d’état de conservation favorable de l’habitat

Composition de la végétation

  • Présence d’au moins vingt espèces sur une superficie de 5 x 5 m².
  • Présence abondante de crételle et/ou d’orge faux-seigle, et nombre d’espèces sur la parcelle supérieur à 15.

Structure de la végétation

  • Recouvrement de graminées ≤ 70 %.
  • Pas d’espèces dominantes ou codominantes (à recouvrement ≥ 70 %).
  • Présence d’arbres, d’arbustes et de ronces tout au plus occasionnelle.

Perturbations

  • Les zones dominées par des espèces indicatrices de perturbations n’occupent pas plus que le pourcentage ci-dessous de la superficie :
    - Espèces indicatrices d’enfrichement : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices d’intensification : recouvrement ≤ 30 %.
    - Espèces indicatrices d’eutrophisation : présence tout au plus occasionnelle.
    - Espèces indicatrices d’humidification : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices de rudéralisation : recouvrement ≤ 10 %.
    - Joncs en touffes: recouvrement ≤ 10 %.
Image de prairie à crételle
Prairie à crételle © Yves Adams, Vilda

Menaces

  • Rudéralisation et enfrichement en cas d’abandon de la gestion de pâturage et/ou de fauche.
  • La conversion en prairie intensive.

Partenaires

Cette page a été réalisée grâce au contenu d'Ecopedia

Cette page a été réalisée grâce au soutien financier du programme LIFE de l'UE dans le cadre du projet LIFE Belgium for Biodiversity project (LIFE B4B).

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