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Gérez les prairies à populage des marais (habitat HIR HC)

Les prairies à populage des marais sont typiquement des prairies de fauche humides, parfois avec pâturage du regain, sur des sols saturés d’eau une partie de l’année. Elles sont toujours associées à un niveau élevé de la nappe phréatique.

Image de prairies à populage des marais (caltha palustris)

L’habitat d'intérêt régional en quelques mots

Les prairies à populage des marais sont typiquement des prairies de fauche humides, parfois avec pâturage du regain, sur des sols saturés d’eau une partie de l’année. Elles sont toujours associées à un niveau élevé de la nappe phréatique, dont l’eau peut être riche ou pauvre en bases (plus ou moins alcaline). C’est une végétation de sols plutôt riches, à croissance généralement luxuriante, avec des floraisons abondantes et parfois spectaculaires de populage des marais, lychnis fleur-de-coucou, rhinanthe à grandes fleurs, orchis de mai (Dactylorhiza majalis)… Le scirpe des bois et la laîche distique sont également caractéristiques de la flore très variée de cet habitat.

Infos techniques

Public cible Pouvoirs publics - Professionnels
Saison Automne - Hiver - Printemps - Été
Type d'action Entretenir - Préserver - Diagnostiquer
Espace concerné Natura 2000 - Espace vert
Niveau Confirmé

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Dénomination officielle

Prairies à Populage des marais (Caltha palustris)

Code

  • HIR HC

Description

Les prairies à populage des marais sont des prairies humides où poussent à la fois des plantes de prairies, de marais et de bois marécageux. Elles sont généralement fauchées une à deux fois par an. D’habitude, elles recevaient traditionnellement une légère fumure organique, mais dans le cadre d’une gestion de conservation des habitats, on s’en abstient désormais car l’apport d’éléments nutritifs par les précipitations atmosphériques ou le ruissellement est déjà plus que suffisant, voire nettement excessif. Le pâturage des regains est possible, mais les formes les plus pures de l’habitat correspondent à des zones non pâturées. En hiver, les prairies à populage sont si humides que des mares s’y forment*, mais le sol doit retrouver un degré d’aération suffisant en été. Des zones de suintements peuvent être présentes ou non. La richesse en nutriments du sol et/ou de l’eau est plus élevée que dans les prairies humides oligotrophes du Molinion ou les nardaies humides. Les inondations sont moins prononcées que dans les prairies inondables alluviales de l’Alopecurion. Beaucoup de prairies à populage ne sont désormais plus fauchées en raison d’un manque d’intérêt pour ce type de gestion, et sont aujourd’hui pâturées ou en voie d’enfrichement.

* plas dras, en néerlandais, qualifie des prairies humides au point de se retrouver sous jusqu’à 20 cm d’eau durant plusieurs semaines consécutives, au cours d’une ou plusieurs saisons. Cette situation peut avoir des causes naturelles, telles qu’une remontée de la nappe, ou résulter d’interventions humaines. Ces prairies temporairement inondées ont une très grande importance écologique. De nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs et d’oiseaux des prés y font halte pour se nourrir et se reposer. Ces sites sont visités par une grande diversité de canards sauvages, et des amphibiens viennent s’y reproduire. En fonction de la période d’inondation, ces milieux humides seront utiles à différentes espèces. En début de printemps, ce seront surtout les amphibiens, les oiseaux des prés et les oiseaux migrateurs en route vers le nord qui en bénéficieront. En fin de printemps, les oiseaux nicheurs locaux et leurs jeunes viendront s’y nourrir. En été, une fois la période de reproduction terminée, les oiseaux des prés s’y rassembleront pour se nourrir et se reposer.

Image de prairies à populage des marais (caltha palustris)
Prairies à Populage des marais (Caltha palustris) © Jeroen Mentens, Vilda

Consultez la carte des habitats d'intérêt régional


Caractéristiques du milieu

Hydrologie

La plupart des plantes caractéristiques des prairies à populage des marais sont dépendantes de la nappe phréatique

Les prairies à populage des marais sont saturées d’eau en hiver et ne s’assèchent qu’en surface durant l’été. En période de végétation, le sol doit cependant retrouver un degré d’aération suffisant. La nappe phréatique affleure juste au niveau du sol durant l’hiver, et ne doit jamais descendre à plus de 70 à 100 cm (sous la surface) le reste de l’année. Des inondations hivernales trop prolongées peuvent être fatales à de nombreuses plantes de prairies, et favoriser une présence accrue de plantes de marais.

Sol

Les prairies à populage des marais se développent généralement sur des sols plutôt riches en éléments minéraux, de texture sableuse, sablo-limoneuse, limoneuse, argileuse ou tourbeuse. En terrain sablonneux, un bon développement de l’alliance à populage des marais n’est généralement possible qu’à partir du moment où une couche tourbeuse s’est formée au-dessus du sable.

Relations

Flore

Espèces diagnostiques (indicatrices d’une bonne qualité de l’habitat)

Espèces indicatrices de qualité de l’habitat : 

  • la bistorte (Polygonum bistorta)
  • la succise des prés (Succisa pratensis)
  • le scirpe des bois (Scirpus sylvaticus)
  • l’orchis à larges feuilles (Dactylorhiza fistulosa)
  • le populage des marais (Caltha palustris)
  • le lychnis fleur-de-coucou (Lychnis flos-cuculi)
  • l’orchis tacheté (Dactylorhiza maculata)
  • le millepertuis à quatre ailes (Hypericum tetrapterum)
  • le rhinanthe à grandes fleurs (Rhinanthus angustifolius)
  • la laîche des lièvres (Carex ovalis)
  • la bugle rampante (Ajuga reptans)
  • la prêle des marais (Equisetum palustre)
  • le lotier des fanges (Lotus pedunculatus)
  • le crépis des marais (Crepis paludosa)
  • le myosotis cespiteux ou des marais (Myosotis cespitosa ou M. scorpioides)
  • le cirse maraîcher (Cirsium oleraceum)
  • le jonc à tépales obtus (Juncus subnodulosus)
  • le gaillet des fanges (Galium uliginosum)
  • la canche cespiteuse (Deschampsia cespitosa)
  • la véronique à écus (Veronica scutellata)
  • la primevère élevée (Primula elatior)
  • la tormentille (Potentilla erecta)
  • le brome en grappe (Bromus racemosus)
  • la laîche distique (Carex disticha)
  • le jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus)
  • l’achillée sternutatoire (Achillea ptarmica)

Espèces indicatrices de perturbations

Espèces indicatrices de perturbations (enfrichement) : 

  • la valériane officinale à rejets (Valeriana repens)
  • la berce commune (Heracleum sphondylium)
  • l’angélique sauvage (Angelica sylvestris)
  • la consoude officinale (Symphytum officinale)
  • la salicaire commune (Lythrum salicaria)
  • le liseron des haies (Calystegia sepium)
  • l’épilobe hérissé (Epilobium hirsutum)
  • le cirse des marais (Cirsium palustre)
  • l’eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum)
  • le dactyle (Dactylis glomerata)
  • le peucédan des marais (Peucedanum palustre)
  • la reine-des-prés (Filipendula ulmaria), le roseau (Phragmites australis)

Espèces indicatrices de perturbations (exploitation intensive) : 

  • le ray-grass commun (Lolium perenne)
  • la fléole des prés (Phleum pratense)
  • le plantain majeur (Plantago major)
  • la renoncule rampante (Ranunculus repens)
  • la pâquerette (Bellis perennis)
  • le trèfle rampant (Trifolium repens)

Espèces indicatrices de perturbations (eutrophisation) :

  • la grande ortie (Urtica dioica)
  • le lierre terrestre (Glechoma hederacea)
  • le gratteron (Galium aparine)
  • la glycérie aquatique (Glyceria maxima)

Espèces indicatrices de perturbations (humidité anormale)

  • la renoncule flammette (Ranunculus flammula)
  • l’agrostis stolonifère (Agrostis stolonifera)
  • le vulpin genouillé (Alopecurus geniculatus)
  • la glycérie flottante (Glyceria fluitans)
  • l’agrostis des chiens (Agrostis canina)
  • la baldingère (Phalaris arundinacea)
  • la laîche hérissée (Carex hirta)

Espèces indicatrices de perturbations (rudéralisation) :

  • le cirse des champs (Cirsium arvense)
  • la renoncule scélérate (Ranunculus sceleratus)
  • le plantain majeur (Plantago major)
  • la prêle des champs (Equisetum arvense)
  • la patience agglomérée (Rumex conglomeratus)
  • le chardon crépu (Carduus crispus)
  • l’oseille crépue (Rumex crispus)
  • l’oseille à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius)
  • le cirse commun (Cirsium vulgare)
  • les bidents (Bidens spp.)
  • le poivre d’eau (Polygonum hydropiper)
  • le brome mou (Bromus hordeaceus)


Espèces indicatrices de perturbations (joncs en touffes), dont la présence accrue peut témoigner de compaction du sol, d’eutrophisation ou de modifications du régime hydrique (humidité accrue, inondations plus fréquentes…) : 

  • le jonc aggloméré (Juncus conglomeratus), le jonc épars (Juncus effusus) et le jonc glauque (Juncus inflexus)

Habitat Natura 2000

Des objectifs de conservation quantitatifs et qualitatifs ont été définis pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les zones Natura 2000 de la Région bruxelloise.

Les arrêtés de désignation des trois « Zones spéciales de conservation » (sites Natura 2000) de Bruxelles peuvent être consultés au bas de cette page.

ZSC I : Forêt de Soignes et Vallée de la Woluwe

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de la superficie existante.
  • Utiliser les opportunités d’extension lors des aménagements écologiques entre les biotopes terrestres et aquatiques.

Objectifs qualitatifs

  • Evoluer vers un état de conservation favorable sur 75 % de la superficie.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces végétales clé telles que Caltha palustris, Carex acutiformis, Carex disticha, Lychnis flos-cuculi, Hypericum tetrapterum, Equisetum palustre et la dispersion de la faune associée.

ZSC II : Zones boisées et ouvertes d'Uccle

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de 0,2 ha de cet habitat.
  • Extension progressive de cet habitat à 1 ha.

Objectifs qualitatifs

  • Au minimum, maintien de l'état de conservation existant au moment de l'identification du site.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces clé telles que Caltha palustris, Carex acutiformis, Carex disticha, Lychnis flos-cuculi, Hypericum tetrapterum, Equisetum palustre.

ZSC III : Zones boisées et humides de la vallée du Molenbeek

Objectifs quantitatifs

  • Développer au minimum 1 ha de cet habitat dans les zones humides de la vallée du Molenbeek.

Objectifs qualitatifs

  • Evoluer vers un état de conservation favorable sur 75 % de la superficie.
  • Intégration de cet habitat dans un réseau d'habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d'espèces végétales clé telles que Caltha palustris, Carex acutiformis, Carex disticha, Lychnis flos-cuculi, Hypericum tetrapterum, Equisetum palustre et la dispersion de la faune associée.

Mesures Natura 2000 générales pour cet habitat

Image du populage des marais (Caltha palustris)
Le populage des marais (Caltha palustris) © Jan van der Straaten (Saxifraga)

Des mesures de gestion générales ont été définies pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. Ces mesures sont expliquées plus en détail dans les plans de gestion des stations constitutives de ces sites Natura 2000.

  • Appliquez une gestion de fauche d'amaigrissement.
  • Récupérez et laisser s'infiltrer les eaux de pluie et récupérer les eaux de source propres.
  • Evacuez les eaux usées par les égouts, ou les épurer localement.
  • Réaménagez écologiquement les cours d'eau, pièces d'eau et zones de sources ou de suintement.
  • Supprimez les sources d’assèchement et d’eutrophisation.

Gérez les prairies à populage des marais

Entretenez l'habitat

La gestion de conservation d’une prairie à populage déjà bien développée consiste à la faucher une à deux fois par an, avec évacuation du produit : deux fois par an (en juillet puis en septembre) pour les prairies très productives, ou une seule fois par an (en septembre) pour les prairies moins productives. 

L’important est d’avoir une herbe courte à l’entrée de l’hiver. Si l’herbe repousse trop après la fauche, elle risque de verser en étouffant les plantes moins vigoureuses. Si c’est le cas, un seul fauchage ne suffit pas. Le pâturage du regain peut être envisagé comme alternative à la seconde fauche.

Image du rhinanthe à grandes fleurs (rhinanthus angustifolius)
Le rhinanthe à grandes fleurs (Rhinanthus angustifolius) © Jan van der Straaten (Saxifraga)

Critères d’état de conservation favorable de l’habitat

Composition de la végétation

  • Présence d’au moins sept espèces indicatrices de qualité de l’habitat sur une superficie de 5x5 m².
  • Recouvrement d’espèces indicatrices de qualité de l’habitat ≥ 30 %.

Structure de la végétation

  • Recouvrement de graminées ≤ 50 %.
  • Pas de (co-)dominance d’une (ou deux) espèces (à recouvrement combiné ≥ 70 %).
  • Présence d’arbres, d’arbustes et de ronces tout au plus occasionnelle.

Perturbations

  • Les zones dominées par des espèces indicatrices de perturbations n’occupent pas plus que le pourcentage ci-dessous de la superficie :
    - Espèces indicatrices d’enfrichement : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices d’exploitation intensive : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices d’eutrophisation : présence tout au plus occasionnelle.
    - Espèces indicatrices d’humidité anormale : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices de rudéralisation : recouvrement ≤ 10 %.
    - Joncs en touffes : recouvrement ≤ 10 %.
Image de prairies à populage des marais (caltha palustris)
Prairies à Populage des marais (Caltha palustris) © Jeroen Mentens, Vilda

Menaces

  • Destruction de l’habitat
  • Assèchement
  • Usage d’engrais et d’herbicides
  • Pollution de l’eau
  • Rudéralisation et enfrichement en cas d’abandon de la gestion de pâturage et/ou de fauche

Partenaires

Cette page a été réalisée grâce au contenu d'Ecopedia

Cette page a été réalisée grâce au soutien financier du programme LIFE de l'UE dans le cadre du projet LIFE Belgium for Biodiversity project (LIFE B4B).

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