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Gérez les prairies à potentille des oies (habitat HIR ZIL)

Les prairies à potentille des oies sont une végétation herbeuse de sols compacts, soumis à des inondations prolongées et des fluctuations parfois importantes de la nappe phréatique.

Image de prairie à potentille des oies (potentilla anserina) à bruxelles

L’habitat d'intérêt régional en quelques mots

La prairie à potentille des oies est une végétation typique de lieux piétinés et exposés de manière prolongée à un niveau élevé de la nappe ou à des inondations durant l’hiver. Le reste de l’année, le sol est généralement beaucoup plus sec, et le bétail peut alors y pâturer. Le sol est (très) riche en nutriments. L’habitat s’observe typiquement dans des pâtures permanentes comportant des dépressions ou des fossés, au bord desquels se développe la végétation caractéristique de potentille des oies (Potentilla anserina), vulpin genouillé (Alopecurus geniculatus), menthe aquatique (Mentha aquatica), scirpe des marais (Eleocharis palustris), laîche cuivrée (Carex cuprina) et jonc glauque (Juncus inflexus). Parmi les espèces remarquables mais plus rares de cet habitat figurent également le trèfle fraise (Trifolium fragiferum) et l’ache rampante (Apium repens).

Infos techniques

Public cible Professionnels - Pouvoirs publics
Saison Automne - Hiver - Printemps - Été
Type d'action Entretenir - Préserver - Diagnostiquer
Espace concerné Natura 2000 - Espace vert
Niveau Confirmé

Observez, déterminez, découvrez

Dénomination officielle

Prairie à Potentille des oies (Potentilla anserina)

Code

  • HIR ZIL

Description

Les prairies à potentille des oies sont une végétation herbeuse de sols compacts, soumis à des inondations prolongées et des fluctuations parfois importantes de la nappe phréatique. Elles se développent typiquement dans des zones pâturées piétinées par le bétail ou les oiseaux d’eau, mais peuvent aussi occuper des stations pionnières résultant de perturbations d’origine humaine. La nature du substrat est très variable, mais les sols plutôt riches prédominent. L’habitat couvre rarement la totalité de parcelles, il s’étend plutôt en ceinture de largeur limitée entre une zone plus humide et une zone plus sèche. Les plantes caractéristiques les plus communes sont la potentille des oies, l’agrostis stolonifère, le vulpin genouillé et le myosotis cespiteux, mais la flore des prairies à potentille des oies inclut aussi des espèces beaucoup plus rares telles que le trèfle fraise (Trifolium fragiferum), le troscart des marais (Triglochin palustris) et l’ache rampante (Apium repens), qui est une espèce Natura 2000.

Image de prairie à potentille des oies (potentilla anserina) à bruxelles
Prairie à Potentille des oies (Potentilla anserina) à Bruxelles © Jeroen Mentens (Vilda)

Consultez la carte des habitats d'intérêt régional


Caractéristique du milieu

Hydrologie

La présence d’une nappe phréatique fluctuante est souvent citée comme un des paramètres environnementaux les plus caractéristiques de ce type de végétation. Il semble cependant que les fluctuations de la nappe sont plutôt faibles dans les formes bien développées de l’habitat, et que des fluctuations plus importantes favorisent les composantes plus banales de la flore.

Espèces associées

Flore

Espèces diagnostiques (indicatrices d’une bonne qualité de l’habitat)

Espèces indicatrices de qualité de l’habitat : 

  • le trèfle fraise (Trifolium fragiferum)
  • le rorippe des champs (Rorippa sylvestris)
  • la renoncule scélérate (Ranunculus sceleratus)
  • l’inule des fleuves (Inula britannica)
  • l’érythrée élégante (Centaurium pulchellum)
  • le vulpin genouillé (Alopecurus geniculatus)
  • le plantain intermédiaire (Plantago major subsp. Intermedia)
  • le scirpe des marais (Eleocharis palustris)
  • l’ache faux-cresson (Apium nodiflorum)
  • la pulicaire dysentérique (Pulicaria dysenterica
  • la pulicaire annuelle (Pulicaria vulgaris)
  • l’ache rampante (Apium repens)
  • le troscart des marais (Triglochin palustris)
  • l’œnanthe fistuleuse (Oenanthe fistulosa)
  • le jonc à tiges comprimées (Juncus compressus)
  • la menthe pouillot (Mentha pulegium)
  • l’odontite rouge (Odontites vernus)
  • la véronique à écus (Veronica scutellata)
  • le scirpe à une écaille (Eleocharis uniglumis)
  • la laîche cuivrée (Carex cuprina)
  • le séneçon à feuilles de roquette (Senecio erucifolius)
  • la laîche des renards (Carex vulpina)
  • le séneçon aquatique (Senecio aquaticus)
  • la menthe aquatique (Mentha aquatica)
  • le jonc glauque (Juncus maritimus)
  • la laîche glauque (Carex flacca)
  • le jonc de Gérard (Juncus gerardii)
  • la laîche à épis distants (Carex distans)
  • la potentille des oies (Potentilla anserina)
  • le jonc à fruits luisants (Juncus articulatus)

Espèces indicatrices de perturbations

Espèces indicatrices de perturbations (enfrichement) : 

  • la morelle douce-amère (Solanum dulcamara)
  • la consoude officinale (Symphytum officinale)
  • la salicaire commune (Lythrum salicaria)
  • le liseron des haies (Calystegia sepium)
  • l’épilobe hérissé (Epilobium hirsutum)
  • l’eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum)
  • la reine-des-prés (Filipendula ulmaria)
  • la baldingère (Phalaris arundinacea)
  • le lycope (Lycopus europaeus)

Espèces indicatrices de perturbations (eutrophisation) : 

  • la renoncule scélérate (Ranunculus sceleratus)
  • le rorippe amphibie (Rorippa amphibia)
  • la grande ortie (Urtica dioica)
  • le lierre terrestre (Glechoma hederacea)
  • le gratteron (Galium aparine)
  • la glycérie aquatique (Glyceria maxima), les chénopodes (Chenopodium sp.)

Espèces indicatrices de perturbations (assèchement)

  • le ray-grass commun (Lolium perenne)
  • le céraiste commun (Cerastium fontanum)
  • la fléole des prés (Phleum pratense)
  • le plantain majeur (Plantago major)
  • les pissenlits (Taraxacum sp.)
  • la potentille rampante (Potentilla reptans)
  • le trèfle rampant (Trifolium repens)

Espèces indicatrices de perturbations (joncs en touffes), dont l’extension peut témoigner de compaction du sol, d’eutrophisation ou de modifications du régime hydrique : 

  • le jonc épars (Juncus effusus)

Espèces indicatrices de perturbations (rudéralisation) : 

  • le cirse des champs (Cirsium arvense)
  • l’armoise commune (Artemisia vulgaris)
  • le plantain majeur (Plantago major)
  • la prêle des champs (Equisetum arvense)
  • le séneçon jacobée (Senecio jacobaea)
  • la patience agglomerée (Rumex conglomeratus)
  • le chardon crépu (Carduus crispus)
  • le chiendent commun (Elymus repens)
  • l’oseille à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius)
  • le cirse commun (Cirsium vulgare)

Habitat Natura 2000

Des objectifs de conservation quantitatifs et qualitatifs ont été définis pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les zones Natura 2000 de la Région bruxelloise.

Les arrêtés de désignation des trois « Zones spéciales de conservation » (sites Natura 2000) de Bruxelles peuvent être consultés au bas de cette page.

ZSC I : Forêt de Soignes et Vallée de la Woluwe

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de la surface existante.

Objectifs qualitatifs

  • Evoluer vers un état de conservation favorable sur 75 % de la superficie.
  • Intégration de cet habitat dans un maillage d’habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d’espèces végétales clé telles que Agrostis stolonifera, Potentilla anserina, Carex cuprino, Festuca arundinacea, Cardamine pratensis, Mentha aquatica, Rumex crispus et la dispersion de la faune associée.

ZSC III : Zones boisées et humides de la vallée du Molenbeek

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien de la surface existante.

Objectifs qualitatifs

  • Intégration de cet habitat dans un maillage d’habitats prairiaux permettant la dissémination par graines d’espèces végétales clé telles que Agrostis stolonifera, Potentilla anserina, Carex cuprino, Festuca arundinacea, Cardamine pratensis, Mentha aquatica, Rumex crispus et la dispersion de la faune associée.

Mesures Natura 2000 générales pour cet habitat

Image de prairie à potentille des oies (potentilla anserina) à bruxelles
Prairie à Potentille des oies (Potentilla anserina) à Bruxelles © Jeroen Mentens (Vilda)

Des mesures de gestion générales ont été définies pour tous les habitats d’intérêt communautaire ou régional présents dans les sites Natura 2000 de la Région bruxelloise. Ces mesures sont expliquées plus en détail dans les plans de gestion des stations constitutives de ces sites Natura 2000.

  • Appliquez une gestion de fauche et/ou appliquer une gestion de pâturage extensif.
  • Supprimez les sources d’acidification et d’eutrophisation.

Gérez les prairies à potentille des oies

Entretenez l'habitat

Le maintien d’une nappe phréatique haute et d’une gestion de pâturage offre les meilleures garanties de conservation de l’habitat. De belles végétations de prairie à potentille des oies peuvent se développer dans les prairies alluviales des zones inondables de cours d’eau, lorsqu’elles sont pâturées. 

À l’étranger, le pâturage porcin est connu pour produire de beaux exemples très fleuris de cet habitat, par la combinaison du pâturage et du comportement fouisseur des porcs, qui crée constamment de nouveaux milieux pionniers.

Image de la potentille des oies (potentilla anserina)
La potentille des oies (Potentilla anserina) © Marijke Verhagen (Saxifraga)

Critères d’état de conservation favorable de l’habitat

Composition de la végétation

  • Présence fréquente d’au moins 5 espèces indicatrices de qualité de l’habitat sur une superficie de 5x5 m².
  • Recouvrement d’espèces indicatrices de qualité de l’habitat ≥ 10 %, et ≥ 30 % en incluant l’agrostis stolonifère (Agrostis stolonifera).

Structure de la végétation

  • Recouvrement de graminées ≤ 50 %.
  • Pas d’espèces dominantes (à recouvrement ≥ 50 %).
  • Présence d’arbres, d’arbustes et de ronces tout au plus occasionnelle.

Perturbations

  • Les zones dominées par des espèces indicatrices de perturbations n’occupent pas plus que le pourcentage ci-dessous de la superficie :
    - Espèces indicatrices d’enfrichement : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices d’eutrophisation : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices d’assèchement : recouvrement ≤ 10 %.
    - Espèces indicatrices de rudéralisation : recouvrement ≤ 10 %.
    - Jonc épars : recouvrement ≤ 10 %.
Image de prairie à potentille des oies (potentilla anserina) à bruxelles
Prairie à Potentille des oies (Potentilla anserina) à Bruxelles © Jeroen Mentens, Vilda
Image de la menthe aquatique (mentha aquatica)
La menthe aquatique (Mentha aquatica) © Jan van der Straaten (Saxifraga)

Partenaires

Cette page a été réalisée grâce au contenu d'Ecopedia

Cette page a été réalisée grâce au soutien financier du programme LIFE de l'UE dans le cadre du projet LIFE Belgium for Biodiversity project (LIFE B4B).

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