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Renard roux Vulpes vulpes

Découvrez le renard roux, cet animal peu farouche que l'on peut désormais croiser sur tout le territoire de la Région, jusqu'au coeur de la ville.

Renard roux se reposant au soleil

Caractéristiques principales

Nom latin Vulpes vulpes
Famille Canidé
Sous groupe Grands mammifères
Paysage Ville Campagne • Ville Forêt
Statut de protection Espèce intégralement protégée
Protection stricte sur tout le territoire régional (Annexe II.2.1, Ord. Nature)
Statut de conservation Statut IUCN : LC, préoccupation mineure
Origine Indigène
Taille 58 à 90 cm
Rareté, abondance Très commune
Poids 5000 à 7000 g
Longévité 1,5 à 2 ans

Observez, identifiez, découvrez

Le renard roux est le plus agile des canidés. Doté de grandes capacités d'adaptation, il a conquis la région bruxelloise dès les années 80. Il y trouve de la nourriture en quantité et une certaine quiétude. Peu farouche, on le croise dès la tombée du jour jusqu'au coeur de la ville, même s'il est plus présent en seconde couronne, en particulier au sud-est du territoire régional.

De la taille d'un petit chien ou d'un grand chat, le renard présente un pelage d'un roux assez variable. La poitrine, le ventre et l'intérieur des oreilles sont blancs. L'arrière des oreilles, l'extrémité des pattes et parfois de la queue sont noirs. Le bout du panache de la queue peut parfois aussi être blanc. Il a des taches noires de chaque côté du museau.


Cycle biologique

  • Visibilité : janvier à décembre
  • Reproduction : décembre à mi-février
  • Stade juvénile : mars à août
Visibilité : Janvier -
Reproduction : Décembre -
Reproduction : Janvier - Mi-Février
Jeunes : Mars - Septembre

Visible toute l'année, le renard est surtout actif en fin de journée et au crépuscule. 

La période de reproduction a principalement lieu entre décembre et mi-février. Les couples se forment au début de l'hiver mais les accouplements ne surviennent qu'en janvier. La gestation des femelles dure environ 52 jours et elle mettent bas de 4 à 6 renardeaux, dans le terrier. C'est au mois d'avril que les familles commencent à sortir ; les premières semaines après les naissances, la femelle reste au terrier avec les petits et c'est le mâle qui apporte de la nourriture pour la femelle allaitante. Les petits resteront dans un premier temps aux alentours du terrier. Il faut attendre juin-juillet pour les voirs accompagner les parents à la recherche de nourriture.
Le renard atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 10 mois. 


Le renard creuse son terrier en zone boisée, mais aussi dans des espaces vides sous des terrasses, des remises, des bâtiments... Il peut aussi occuper un terrier inoccupé (aussi d'autres espèces comme le blaireau) ou le voler à ses occupants. Mais il n'utilise son terrier que pour y élever ses petits et stocker de la nourriture. En dehors de la période de reproduction le renard roux passe la nuit dehors et ne rentre dans son terrier que sporadiquement par grand froid.

Le saviez-vous ?

Doté d'une mâchoire peu puissante, les proies du renard sont de petite taille : petits mammifères tels que des rongeurs (campagnols, souris, rats…), insectes coléoptères, sauterelles...), vers de terre, escargots, fruits, baies, oiseaux (surtout nichant au sol, oeufs, poules domestiques).

En milieu urbain, les déchets alimentaires peuvent représenter une part importante de son alimentation, pouvant varier de 30 à plus de 60%.

Place dans l’écosystème

Alimentation Omnivore
Lieu de reproduction Terriers
Le renard creuse ou terrier (ou tanière) dans le sol. Il y élève ses petits et y stocke de la nourriture.
Biotope Massif boisé • Prairie • Sable • Parc • Petit jardin • Lisière • Verger
Prédilection pour les milieux ouverts et semi-ouverts (champs, cultures, parcs et jardins…) mais aussi dans les bois et en forêt de Soignes. S'il est très présent dans les communes plus vertes de la seconde couronne de la Région de Bruxelles-Capitale, il peut cependant être vu jusqu'au cœur de la ville, partout où de la nourriture est disponible. Il a besoin d'un site pour établir le terrier et de zones de repos diurnes (généralement à proximité du terrier).

Cohabitez et évitez les nuisances

Si la croyance populaire le veut rusé, le renard est en effet un canidé très adaptable !

Petit prédateur omnivore et opportuniste, charognard et grand nettoyeur, il profite de nos villes, de nos poubelles, de nos animaux écrasés et parfois de notre affection pour s’installer en grande densité.

Les pérégrinations du renard peuvent générer certains désagréments. Il résiste mal, par exemple, à la tentation d’explorer les poulaillers et de visiter les poubelles. 

Les renards bruxellois étant généralement en bonne santé et peu agressif vis-à-vis de l'humain, les terriers situés à un endroit gênant (sous des terrasses ou des cabanes de jardin), ou ses excréments sont les principales causes de nuisances.

Le saviez-vous ?

Le renard "jappe" ou "glapit". En période de reproduction, en hiver ou au début du printemps en particulier, il émet des cris perçants. Si ces bruits vous dérangent, évitez d’autant plus les tentations pour le renard au jardin.

© Drew De F Fawkes, Wikimedia commons

Renoncez à les nourrir

Plus la nourriture est abondante, moins les renards se déplacent pour la trouver. Autrement dit, le territoire des renards est d’autant plus petit que la disponibilité en nourriture à proximité est grande ! Pourtant une densité trop forte de renards sur un espace limité n’est pas bénéfique à l’espèce (compétition, conflits, poursuites, transmission de maladies) et augmente les problèmes de cohabitation avec les voisins humains. Limiter les sources de nourriture disponible facilement en ville, comme les poubelles, est donc important !

Le renard trouve toujours de quoi se nourrir et sait bien mieux que nous ce dont il a besoin. Inutile donc de lui offrir de la viande ou une gamelle de croquettes ! Le nourrissage risque en plus de le rendre moins farouche, engendrant ainsi des problèmes de cohabitation.

  • Ne nourrissez pas les renards ! Si vous rencontrez un renard affaibli, contactez le centre de soins.
  • Veillez à ne pas laisser de nourriture pour chien ou chat à l’extérieur si vous avez des visiteurs réguliers.

Adoptez les bonnes poubelles

Si vous habitez dans une zone où les renards sont nombreux (notamment au sud de Bruxelles), voici quelques conseils pour une bonne gestion de vos déchets. 

  • Recyclez-les déchets alimentaires dans un compost individuel ou de quartier (sauf restes de viande et poisson) ou triez-les dans les sacs orange (viande et poisson compris).
  • Utilisez des poubelles rigides avec couvercle pour les déchets alimentaires, restes de nourriture et emballages alimentaires.
  • Optez pour les conteneurs fermés proposés par Bruxelles Propreté pour les collectivités et immeubles à appartements.
  • Sortez vos poubelles de manière à les laisser le moins longtemps possible en rue.
  • Respectez les calendriers et horaires de sorties des poubelles fixés par Bruxelles Propreté.
  • Depuis le 15 mai 2023, les biodéchets (déchets verts et déchets alimentaires) ne peuvent plus être mis dans les sacs blancs.

Gardez à l’esprit son caractère sauvage

Le renard urbain n’est pas farouche, on le croise fréquemment dans les rues, les parcs, les jardins... surtout la nuit, mais parfois aussi en pleine journée. Il n’a en général aucun comportement agressif vis-à-vis des humains ou des animaux de compagnie. Il cherche peu le conflit et tend à fuir pour éviter le risque de blessures.

Le renard reste un animal sauvage qui pourrait vouloir se défendre s’il se sent en danger. Si un chien ou un chat s’approche trop de ses jeunes, une femelle pourrait vouloir les défendre. Les chats et petits chiens sont dès lors vulnérables, évitez qu’il ne rentre en contact avec des renards.

© Bruxelles Environnement
Le saviez-vous ?

Une bonne gestion des déchets améliore aussi la cohabitation avec les rats, les fouines et les corvidés tels que la corneille noire et le choucas des tours, mais aussi... les chats et les chiens.


Faut-il avoir peur des maladies ?

Comme tout animal sauvage, le renard roux peut être porteur de maladies et parasites transmissibles à l'humain mais, plus souvent, aux chiens (et parfois aux chats). De manière générale, les renards bruxellois ne sont pas une menace majeure pour la santé publique et souffrent d'idées préconçues en partie exagérées.

  • La rage dont les renards pouvaient être porteurs a été éradiquée en Belgique depuis plus de 20 ans. La vigilance reste de mise car des animaux infectés provenant de l’étranger pourraient transmettre la maladie aux individus belges. 
  • L'échinococcose alvéolaire : cette maladie provoquée par un parasite du renard présent dans ses excréments (ver plat Echinococcus multilocularis) est présente dans le sud de la Belgique, mais n'a jamais été détectée à Bruxelles. Même en cas d’exposition via ingestion accidentelle d'aliments souillés par des déjections, son développement est très rare chez l’humain.
  • La grippe aviaire a été détectée chez quelques renards morts en Belgique et en France. Les animaux ont probablement été contaminés en mangeant des carcasses d’oiseaux malades. Aucun cas de transmission à des humains n’a été recensé.
Plus fréquentes, certaines maladies doivent être gardées à l'œil:
  • La toxocarose, également causée par un parasite de type ver rond (nématode Toxocara cani), elle peut infecter les chiens et les chats (avec T. cati). Elle est transmissible à l'humain, souvent pour les enfants, par l'ingestion de produits souillés par des excréments animaux (notamment via les bacs à sable) ou par la terre, mais elle nécessite en général une exposition fréquente et répétée.
  • En 2020, la maladie de Carré a été diagnostiquée chez quelques renards bruxellois. Cette maladie provoquée par un virus n'est pas transmissible aux humains. Il est conseillé de faire vacciner préventivement votre animal domestique (en particulier le chien et le furet). Consultez votre vétérinaire.
  • Les renards peuvent être porteurs de la gale sarcoptique (acarien Sarcoptes scabei canis), une atteinte de la peau par des acariens transmissibles aux chiens. Dans de très rares cas, cette forme de gale peut se transmettre également aux chats affaiblis, malades ou vieux (la gale féline est provoquée par un autre acarien). La transmission se fait par contact direct ou via des objets souillés. Le parasite reste viable jusqu'à 48 heures à l'extérieur. L'acarien survit brièvement mais ne se reproduit pas sur la peau humaine : en cas de contact direct et répété, des démangeaisons peuvent se produire mais s'estompent spontanément après quelques jours en l'absence de nouveau contact.

Point positif de sa présence, le renard permet de réguler les populations petits rongeurs, en particulier les rats, et contribue par ses chasses à limiter le nombre de tiques aidant ainsi à lutter contre la diffusion de la maladie de Lyme (borréliose).

Faut-il avoir peur des morsures ?

La littérature sur le renard roux indique généralement que le renard n’est pas agressif vis-à-vis de l’homme et qu’il n’attaque pas spontanément. Dans une analyse des carnivores urbains (Gerth et al., 2010), cet aspect n’est même pas abordé dans le chapitre consacré au renard roux. Ces dernières années, les médias ont fait état de quelques cas isolés où des renards ont attaqué de jeunes enfants (bébés, nourrissons). À chaque fois, il s’agissait d’une situation où un renard était suffisamment habitué à la présence humaine, au point qu’il se trouve à proximité d’un espace de vie, où il s’en est pris à un enfant (qui dormait).

Il existe donc des cas d’agression d’un renard à l’encontre d’un enfant, mais ils restent très exceptionnels. Le fait qu’il s’agisse d’un animal sauvage et « controversé » fait que ces incidents font l’objet d’un traitement disproportionné de la part des médias comparé aux centaines de morsures annuelles de chiens, bien souvent de compagnie, avec une issue fatale.

Renards galeux ?

En période de reproduction, les femelles peuvent avoir un pelage fortement abimé par les allées et venues dans le terrier (pelage usé, clairsemé, terne). L'énergie demandée pour la chasse, la défense du territoire et l'allaitement des petits rend par ailleurs les femelles très maigres. Il ne faut donc en général pas s'inquiéter outre mesure de voir des renards "amochés" pendant la belle saison, sauf si les renardeaux ont l'air également atteints, ce qui est signe d'une maladie (comme la gale).

Lorsque la gale est avérée, plusieurs renards peuvent montrer des signes d'atteintes (pelage clairsemé, peau apparente, lésions...).

Chez les renards sauvages, la gale n'est généralement pas traitée, car il est pratiquement impossible d'administrer des médicaments antiparasitaires aux animaux sauvages sur le terrain et car cela n'est en général pas souhaitable en raison des effets secondaires possibles. Les renards peuvent, à l'échelle de la population, développer une certaine résistance contre la maladie grâce à leur système immunitaire, ce qui peut réduire l'impact de la gale sur la population au fil du temps.


Cohabitez au quotidien

Pour éviter tout risque de nuisance :

  • Prévoyez des enclos imperméables aux renards pour vos poules, lapins, cobayes et autres animaux domestiques. 
  • Limitez au maximum les déchets et autres sources potentielles de nourriture (nourriture pour animaux domestiques, fruits périmés, sacs poubelles éventrés ou ouverts, composts mal gérés...)
  • Prenez contact avec le Centre de Soins pour la Faune Sauvage si vous voyez un renard blessé ou malade, et ne le nourrissez pas. En période de reproduction, les renards peuvent être amaigris et avoir le poils en mauvais état, ils ne sont pas malade pour autant !
  • Pensez à vous laver les mains et bien laver les fruits et légumes de votre potager. Les excréments d’animaux peuvent contenir des organismes pathogènes.
  • Pour les habitations basses constituées d'un seul rez-de-chaussée, pour éviter que le renard ne pénètre, équipez les ouvertures de portes, les fenêtres et les fenêtres de toit de pans oscillo-battants et d’un treillis bien solides.
  • Redoublez d’attention si vous avez un chaton ou un chat malade ou blessé. Il arrive (rarement) que des renards attaquent des chats. 
  • Faites vermifuger vos chats et chien et vacciner votre chien ou furet contre la maladie de Carré. Consultez votre vétérinaire.
  • Veillez à garder vos animaux de compagnie à l’intérieur la nuit, et tenez votre chien en laisse dans les parcs et sites naturels.
  • Veillez à traiter vos animaux de compagnie en cas d'infection ou de suspiscion de gale et informez votre vétérinaire de la possibilité d'un contact entre les renards et vos animaux de compagnie. Il est également possible d'instaurer un traitement préventif pour éviter les infections. Consultez également votre vétérinaire à ce sujet.
  • Ne nourrissez pas les renards. 
  • Ne cherchez pas à caresser ou appâter un renard et ne touchez pas un animal mort. 
  • Ne répartissez pas de substances d’origine animale sur votre gazon. Les renards seraient attirés par l’odeur et pourraient endommager la pelouse en y creusant des trous.
© Jan Nijendijk, Saxifraga

Gérez les renards et leurs terriers

Évitez que les renards n’élisent domicile

Si votre jardin n’accueille pas de terrier et que vous ne souhaitez pas que des renards s’installent :

    • Si vous avez un compost, veillez à bien le fermer, alimentez-le de manière adéquate en matières brunes pour limiter les odeurs, et évitez d’y mettre des restes de viande ou de fromage.
    • Évitez les espaces vides sous les terrasses, les remises et les bâtiments pour les empêcher de venir y faire leur tanière. Un trou de 12 cm de large suffit au passage d’un renard adulte !
    • Évitez de laisser trainer ce qui pourrait les attirer comme la nourriture pour les animaux domestiques, les jouets (balles), les chaussures ou chaussettes qui trainent… très souvent ramenés au terrier pour divertir les jeunes.
    • Évitez les répulsifs chimiques à pulvériser : il s’agit de produits biocides qui sont couverts par la législation. Aucun produit n’est autorisé en Belgique contre les renards. La plupart des produits vendus contre les chiens et chats sont également illégaux.
    • Évitez les répulsifs à ultrasons : au-delà de leur coût parfois important, on dispose d’assez peu de données sur leur efficacité réelle, probablement très variable selon les modèles. De plus, ils sont susceptibles d’avoir un impact négatif sur d’autres espèces animales.

    Si la tanière est déjà là

    L’installation de renards dans un jardin peut occasionner quelques troubles de voisinage : trous et terriers, restes de carcasses (plumes, os…), déjections odorantes, conflits avec les animaux domestiques…

    Si le renard est déjà installé chez vous, comme c’est une espèce protégée, son habitat, son aire de reproduction et de vie sont également protégés. Les renards reviennent chaque année au même endroit ou héritent des terriers familiaux, si bien que les terriers sont protégés même en l’absence des animaux.

    Pour reboucher un terrier, une dérogation est nécessaire auprès de Bruxelles Environnement. Votre demande sera étudiée et vous pourrez bénéficier de conseils et, si l'avis est positif, d'une autorisation qui prescrira les méthodes et périodes d'intervention.

    • Ne rebouchez pas les terriers sans autorisation.
    • Ne condamnez pas les entrées de terriers habités, au risque de piéger les animaux à l’intérieur, notamment les renardeaux.
    Renard roux se reposant au soleil
    © Rudmer Zwerver, Saxifraga

    Obligations, interdictions... que dit la loi ?

    Il est interdit de :

    • Capturer, détenir ou transporter des animaux sauvages.
    • Perturber intentionnellement la faune sauvage.
    • Vendre des spécimens blessés ou malades.
    • Nourrir les animaux sauvages dans les réserves naturelles et forestières et dans les parcs régionaux gérés par Bruxelles Environnement, mais aussi dans les espaces et lieux publics communaux.

    Il est obligatoire de :

    • Capturer et transporter une espèce protégée si elle est en danger vital immédiat et déposée dans un milieu similaire proche .
    • Capturer et transporter une espèce blessée ou abandonnée vers un centre de revalidation agréé ou chez un vétérinaire.
    • Obtenir une dérogation motivée auprès de Bruxelles Environnement pour reboucher un terrier. 

    En savoir plus

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