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Une initiative deBruxelles Environnement

Contribuez à la gestion raisonnée du frelon asiatique

Le frelon asiatique est une espèce exotique envahissante qui peut poser des risques de santé et de sécurité, en particulier lorsque les nids sont proches des infrastructures (chemins, habitations, écoles…). La pression qu’il exerce sur les insectes, en particulier les abeilles domestiques, conduit à mettre en œuvre des mesures de gestion de l’espèce qui doivent être coordonnées afin de réduire leur possible impact négatif sur l'environnement.

Un frelon asiatique en gros plan

Respectez les principes approuvés

Le cadre juridique de la gestion du frelon asiatique est complexe, une ordonnance bruxelloise (loi) verra le jour en 2024 pour mettre en œuvre le droit européen, car l'espèce est soumise au Règlement 1143/2014.

En l’absence de législation activable actuellement, et en l’absence de données scientifiques très claires sur l’efficacité des actions déjà mises en œuvre par les volontaires, un cadre de travail a été proposé pour éviter les effets négatifs collatéraux.

Infos techniques

Public cible
Particuliers - Professionnels - Pouvoirs publics
Saison
Printemps - Automne - Été
Type d'action
S'engager - Préserver
Espace concerné
Bâtiment - Cour de récré - Espace vert - Jardin
Niveau
Intermédiaire - Confirmé
Remarque importante

Les mesures proposées dans cette fiche sont celles qui sont autorisées provisoirement en 2024.

Apprenez à reconnaître le frelon asiatique

Avant toute chose, assurez-vous de lire attentivement notre fiche espèce dédiée au frelon asiatique. Elle contient des informations importantes sur l'espèce, son nid, ses caractéristiques et son comportement.

Il faut particulièrement s'assurer de pouvoir reconnaître le frelon asiatique et ne pas le confondre avec d'autres espèces indigènes, en particulier le frelon d'Europe.

Encodez simplement vos observations

Tout le monde peut contribuer à augmenter le niveau d'information sur la présence et l'abondance des frelons asiatiques en Région bruxelloise, notamment grâce aux outils de sciences participatives. Ces données permettent d'évaluer les tendances dans l'évolution des populations de cet insecte exotique en voie de naturalisation.

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© ksarasola, Wikimedia Commons

Cherchez

Regardez autour de vous lors de vos balades. Les frelons asiatiques sont des insectes opportunistes qui préfèrent les sources de nourriture abondante. On l'observe plus fréquemment autour des "buffets à volonté" : ruches d'abeilles domestiques, bourgades d'abeilles sauvages, vergers et arbres fruitiers aux fruits très murs (pommes et poires), grosses floraisons de fin de saison (lierre grimpant en fleurs, massifs de symphorines).

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© Haim Charbit, Pixabay

Suivez du regard

Après avoir capturé sa proie, le frelon se suspend pour découper l'insecte capturé et n'en garder que le thorax (riche en protéines). Il peut aussi juste s'abreuver ou récupérer un liquide sucré.

Il n'est pas rare que le frelon vole un peu aux alentours avant de repartir en direction du nid. Le pistage visuel peut donc permettre de donner une indication sur la localisation de la colonie, mais un réel pistage efficace nécessite une coordination et du matériel spécifiques.

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© Congerdesign, Pixabay

Encodez

Encodez vos observations sur la plateforme observations.be ou via les applications associées : Obsidentify (iOS & Android), iObs (iOS) ou ObsMap (Android).

Si vous le pouvez de manière sécuritaire, prenez une photo de l'insecte pour la joindre au signalement, ce qui permet souvent de confirmer l'identification. Ajoutez éventuellement des informations contextuelles.

S'il s'agit d'un nid, encodez spécifiquement qu'il s'agit d'un nid : à défaut la donnée est considérée comme individu isolé. Ce signalement ne conduit toutefois pas à une intervention des services de secours !

En Flandre et en Wallonie

Les autres régions du pays bénéficient également des encodages via les plateformes observations.be et iNaturalist. Les données sont en outre compilées dans des outils cartographiques disponibles en ligne. La Région bruxelloise travaille à des outils similaires.

Mettez en œuvre un piégeage de fondatrices raisonné

L’une des interventions les plus pratiquées consiste à piéger les reines fondatrices, les jeunes femelles qui sortent d’hivernation pour construire de nouveaux nids. 

L’efficacité réelle de cette pratique n’est pas clairement démontrée, mais des données suggèrent qu’un piégeage suffisamment sélectif, opéré à très long terme (sur les mois autorisés, mais répété tous les ans pendant plusieurs années) pourrait contribuer à diminuer localement les densités de frelons asiatiques.

Des mesures existent pour limiter au maximum les « prises accessoires » (espèces non ciblées par le piégeage) en augmentant la sélectivité du piège et de son liquide attractif (appât) et en procédant à des périodes bien déterminées.

Les scientifiques s’accordent sur le fait que le piégeage de printemps, non encadré, est par contre dévastateur pour les insectes indigènes : la plupart des pièges « maison » (souvent des pièges à noyade comme les pièges à guêpes traditionnels) et même certains pièges commerciaux capturent plus de 95% d’autres insectes que des frelons asiatiques, notamment de jeunes reines de bourdons ou de guêpes communes. Sur ces espèces, l'impact pourrait même être pire que celui de la prédation du frelon asiatique qui s'exerce plus tard dans la saison quand les colonies de bourdons et de guêpes sont bien établies !

Quel type de piège utiliser ?

Utilisez uniquement des pièges à sélection physique, c’est-à-dire des pièges qui permettent d’éviter au maximum que des insectes de taille différente à celle du frelon asiatique restent bloqués : les plus gros ne devraient pas pouvoir rentrer, les plus petits devraient pouvoir sortir. Ils sont donc munis de trous de différents diamètres qui permettent de "filtrer" les insectes.

  • Diamètre des trous d’entrée : orifices de 8,5 mm, soit 8 à 9 mm maximum.
  • Diamètre des trous de sortie : orifices de 5 à 6 mm.

Et uniquement des pièges « secs » ou équipés de dispositifs anti-noyade qui évitent que tous les insectes y meurent : éponge ou sciure imbibées (préférable) et/ou séparation physique par petite grille (maille : 3mm) entre le liquide et la zone où restent coincés les insectes plus gros.

  • Les pièges à noyade, "pièges bouteilles" et "pièges cloches" ne peuvent pas être utilisés.

Piège couvercle

Alternative pratique : les couvercles "sombrero" disponibles dans les magasins en ligne se vissent sur différents types de bocaux (attention au diamètre du bocal). Prenez soin de coucher le piège et d'utiliser un dispositif anti-noyade (absorbant) pour éviter de tuer les insectes non-cibles.

Il est possible également de télécharger les plans pour une imprimante 3D.


Quel type d'appât utiliser ?

Utilisez comme attractif un mélange de même quantité (1/1/1) de bière, bière brune ou panaché + vin blanc ou rouge + sirop de fruits rouges (grenadine, cassis…). 

Mélangez ces ingrédients et conservez-les au frais pour pouvoir réalimenter régulièrement le piège.

L'utilisation d'appâts commercialisés (en bouteilles ou bidons) peut s'envisager mais ne semble pas nécessaire.

  • Pour les apiculteurs, il est possible d’y ajouter du jus de fonte de cire : cire fondue, diluée dans de l’eau avec du miel, à laisser fermenter. Les produits de la ruche exercent une forte attraction sur le frelon asiatique.
  • Après nettoyage, laissez quelques frelons morts dans le piège pour augmenter l’attractivité : ils émettent des phéromones qui attirent les autres frelons.

Où installer les pièges ?

Les pièges sont des dispositifs à efficacité limitée dans l’espace : leur caractère attractif ne porte que sur les insectes présents dans un rayon réduit. Un maillage efficace nécessiterait, sur la région bruxelloise, plusieurs milliers de pièges, un tous les 300 mètres environ.

Pour cette raison, le piégeage n’est pas considéré comme une stratégie territoriale viable, mais comme une action préventive pour la protection de sites à enjeux qui font déjà l'objet d'attaques importantes.

Lorsque cela se justifie par une présence avérée du frelon asiatique, il est possible d'installer des pièges :

  • Dans un rayon de 200 m des ruchers en activité qui rapportent une prédation importante.
  • Dans un rayon de 200 m des nids observés l’année précédente (surtout s'ils n'ont pas été neutralisés avant le mois d'octobre).
  • Au sein d’infrastructures à risques accrus (écoles, crèches, maisons de repos, hôpitaux) où une forte présence de frelons a pu être constatée l’année précédente, pour autant que la localisation du piège n’augmente pas l’exposition directe des usagers : préférez alors un endroit peu ou pas accessible.
  • Aux abords des composteurs sur avis des coordinateurs ou référents locaux.
  • Ne pratiquez pas de piégeage systématique sans raison apparente.

  • Ne faites pas de piégeage "préventif" dans les zones non justifiées : vous risqueriez d'attirer des frelons là où ils ne sont pas encore pleinement installés !
  • N'installez pas de piège à proximité immédiate des habitations (portes, fenêtres, balcons, grilles de ventilation...) et zones fréquentées par le public.
  • Le piégeage est interdit dans les zones Natura 2000 sans dérogation octroyée par Bruxelles Environnement.

Dans les parcs et espaces publics (hors Natura 2000), demandez l'autorisation à l'administration gestionnaire (commune ou Bruxelles Environnement). L'autorisation est préférablement délivrée aux collectifs ou associations qui peuvent assurer la coordination des bénévoles.

Quand installer et retirer les pièges ?

La période de piégeage des fondatrices est difficile à évaluer car sa durée doit être la plus courte possible et les dates varient selon les années, en raison des conditions météorologiques changeantes. On considère en général que le piégeage de printemps ne devrait pas durer plus de 6 semaines, en fonction de la date du début des opérations.

Les dates arrêtées par principe pour la Région bruxelloise sont uniquement du 15 mars au 1er mai.

Il est toutefois possible d’anticiper la pose à partir du 20 février, par temps sec si les températures diurnes atteignent ou dépassent 12°C pendant plusieurs jours sur base des prévisions de l’IRM. Les frelons asiatiques sortent peu par temps gris, humide ou pluvieux.

Le feu vert est à confirmer par les coordinateurs du piégeage sur base des prises dans les pièges de référence. Fiez-vous aux annonces officielles.

Arrêtez le piégeage quand vous commencez à capturer des reines de frelon d'Europe, qui sortent un peu plus tard dans la saison.

Piégeage autorisé : Mi-Mars - Mai
Anticipé : Mi-Février - Mi-Mars

Si vous constatez que votre piège capture d'autres insectes (en quantité largement supérieure aux frelons asiatiques) et/ou que vous ne capturez pas de frelons asiatiques malgré une présence visuelle, changez d'emplacement et contrôlez le piège tous les 1 à 2 jours. Si le problème persiste, supprimez le piège : son impact négatif est plus important que sa contribution à la lutte contre le frelon asiatique.


Expériences (2024) du Centre de recherches agronomiques de Gembloux

Le CRA-W testera en 2024 un protocole expérimental avec l'aide de plusieurs centaines d'apiculteurs et bénévoles. Les chercheurs proposent un modèle de couvercle (en 2 couleurs à comparer : rouge et jaune) à visser sur un pot de miel (ou de confiture). Le pot doit être rempli d'un bio-absorbant (sciure, qui permet d'éviter la noyade) et d'un attractif à base de grenadine. Les participants volontaires à l'étude doivent relever le piège tous les 2 jours et transmettre leurs résultats via un formulaire en ligne.

Le modèle de couvercle est disponible pour l'impression 3D (selon le type de bocal utilisé).

Pratiquez du piégeage estival et automnal

Une seconde phase de piégeage peut éventuellement s'envisager en été et fin de saison. Il s'agit ici surtout de protéger des sites sensibles de la prédation (piégeage de masse) en seconde moitié d'été, et de potentiellement capturer des individus reproducteurs et futures fondatrices en début d'automne.

En raison du risque de capture de nombreuses autres espèces sur la période estivale, ce type de piégeage doit être limité :

Pendant l'été, les besoins de la colonie s'orientent davantage vers la recherche de protéines, mais les appâts protéinés (restes de viande, de poisson, têtes de crevettes...) peuvent attirer beaucoup de mouches et sentir très mauvais. Il est recommandé de continuer à employer des appâts sucrés dont l'attractivité augmentera en fin de saison.

  • Au sein même des ruchers fortement attaqués.
  • À proximité immédiate de nids détectés mais non neutralisés (ou neutralisables).
  • Sur avis des référents locaux, sur certains sites qui représentent un enjeu de protection : bourgades d'abeilles terricoles ("colonies" de collètes du lierre par exemple), composts collectifs fortement "visités"...
  • À raison de 4 à 8 petits pièges au sein du site à protéger (p.ex. entre/devant les ruches) ou un grand piège nasse.
  • En dehors de ces zones, le piégeage préventif et diffus est proscrit.
Piégeage de sécurisation : Mi-Août - Mi-Novembre
Piégeage de fondatrices : Mi-Octobre - Décembre
Un frelon asiatique en gros plan
© Gilles San Martin, Wikimedia Commons

Localisez les nids de frelons asiatiques

Le frelon asiatique a un rayon d'action relativement limité, mais qui peut parfois s'étendre jusque plusieurs kilomètres (environ 2000 mètres) autour de son nid. Localiser un nid reste laborieux, surtout dans les environnements complexes comme la ville (nombreux ilots fermés, etc.). Des méthodes permettent de pister les frelons pour progressivement localiser les nids. Elles doivent être mise en œuvre dans le cadre de pratiques coordonnées avec les groupes référents.

Pistez activement par triangulation via un appât (méthode de Jersey)

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© INBO, CC BY 4.0

Fabriquez un pot à mèche

  • Prenez un pot en verre ou en plastique avec un couvercle (pot de confiture, de miel...).
  • Faites un trou de 5mm environ dans le couvercle pour installer une mèche en coton qui aspirera le liquide vers le haut (tissus à plonger dans l'eau bouillante pour neutraliser les odeurs).
  • Remplissez le pot du liquide attractif (voir plus haut).
  • Placez le pot à hauteur des yeux, dans un milieu dégagé qui permet de surveiller la direction d'envol. Vous pouvez l'attacher avec de la cordelette ou du fil de fer.
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© INBO, CC BY 4.0

Utilisez des couleurs

Pour marquer les frelons et pouvoir les suivre :

  • Utilisez de pastilles de marque Opalith (produit apicole pour marquer les reines) ou équivalent. 
  • ou plus simplement des marqueurs de type Posca (ou équivalent) disponibles en papeteries spécialisées.
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© INBO, CC BY 4.0

Utilisez un tube de marquage

Si un frelon asiatique vient sur l'appât :

  • Utilisez un tube de marquage à pilon (produit apicole pour marquage de reine ; disponible en magasin d'apiculture pour environ 4 ou 5 €)
  • Placez le tube de marquage sur la mèche : le frelon ira instinctivement vers le ciel. 
  • Placez le pilon sur l'ouverture du tube en le refermant délicatement par le dessous.
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    © INBO, CC BY 0.4

    Maîtrisez le frelon

    Poussez délicatement le pilon pour coincer le frelon sous la grille, thorax vers le haut. Le frelon s'oriente spontanément dos vers le ciel, il est donc plus facile de travailler de bas en haut (grille vers le haut).

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    © INBO, CC BY 4.0

    Marquez le frelon

    Une fois bien positionné, utilisez le marqueur ou collez une pastille de marquage de reine sur le thorax du frelon (avec un peu de cire).

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    © INBO, CC BY 4.0

    Laissez-le respirer

    • Laissez le frelon dans le tube de marquage pendant encore une ou deux minutes afin que la colle sèche. 
    • Desserrez le pilon et laissez-lui plus de place.
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    © INBO, CC BY 4.0

    Relâchez-le

    • Libérez le frelon du tube de marquage. 
    • Suivez la direction de son couloir de vol. Il arrive qu'il tourne un peu sur place avant de prendre un envol franc, et sa direction n'est pas toujours identique : ce n'est pas une science exacte. Au fur et à mesure de ses visites, son vol sera plus direct.
    • Surveillez l'attractif pour évaluer son retour. 
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    © INBO, CC BY 4.0

    Chronométrez et pistez

    • Suivez les frelons marqués pour localiser les nids :
    • Chronométrez le temps entre son départ et son retour sur l'appât.

    Mesurez le temps entre deux visites au moins 5 fois pour rendre la mesure plus fiable. Après 5 ou 6 trajets, le parcours est plus direct et le temps de vol plus précis.

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    © INBO, CC BY 0.4

    Règle de calcul

    Vous pouvez calculer le rayon dans lequel se trouve le nid (distance) avec la règle suivante : 1 minute entre deux visites = 100 mètres de distance jusqu'au nid.

    Si le frelon revient toutes les 6 minutes, le nid se trouve probablement à environ 600 mètres, dans la direction probable de l'envol du frelon.

    Avec plusieurs pièges, il est donc possible de déterminer avec plus ou moins de finesse la localisation potentielle d'un nid.

    Déplacement des appâts ou des frelons

    Il est possible d'améliorer la détection des nids en déplaçant les frelons piégés d'un appât vers un second placé dans l'axe de leur couloir d'envol. La manipulation nécessite un certain nombre d'itérations avant de montrer des résultats. 

    Toutefois, se déplacer avec des espèces exotiques envahissantes réglementées n'est pas autorisé : cette méthode doit faire l'objet d'autorisations spécifiques auprès de Bruxelles Environnement. En l'absence d'autorisation, utilisez uniquement la méthode simple.

    Neutralisez le nid si nécessaire

    Si vous trouvez un nid

    En cas d'observation d'un nid de frelon asiatique :

    • En cas de danger grave et urgent, contactez les pompiers en composant le 112.
    • S'il est gros, ne tentez pas de détruire vous-même le nid ! Faites appel aux professionnels.
    • Il n'est plus nécessaire d'appeler les pompiers pour les nids hauts dans les arbres après la fin novembre et jusque avril-mai (il s'agit de nids en décomposition).
    Attention

    Ne tentez jamais de détruire un nid plus gros qu'un petit ballon (~20cm) par vous-même ! En raison du nombre de frelons, de la position du nid (souvent élevée) et de la faible contenance et efficacité des produits de grande distribution, vous risquez de vous blesser gravement.

    Si le nid fait est encore très petit et facile à détacher (si possible sans monter sur une échelle ou une escabelle), il est possible de le détruire après la nuit tombée, en bouchant l'entrée avec un gros morceau d'ouate, et en l'emballant d'un sac plastique épais ou plusieurs couches de cellophane. Détachez le nid et fermez le sac de manière hermétique. Placez alors au congélateur pendant deux ou trois jours pour tuer tous les insectes. Portez des gants par sécurité, et ne travaillez pas seul•e.

    Une fois le nid mort, il peut être jeté dans un sac poubelle blanc, destiné à l'incinération. Le plastique peut être réutilisé ou recyclé via le sac bleu. 

    Faites appel à des professionnels

    Neutraliser les nids de frelons asiatiques permet de limiter leur incidence directe et, si la démarche a lieu suffisamment tôt (avant octobre), limite la dispersion de fondatrices capable de créer de nouveaux nids l'année suivante. 

    En augmentant la détection des nids en été, on peut augmenter le nombre de nids neutralisés. 

    Ce n'est toutefois pas une garantie d'efficacité de contrôle de la population des frelons l'année suivante, ce qui conduit les autorités à privilégier une approche "défensive" : à moyens constants, priorisez donc la neutralisation de nids les plus préoccupants pour la santé humaine.

    La neutralisation ne peut être effectuée que par des professionnels de la désinsectisation, qui ont suivi une formation spécifique.

    En cas de danger immédiat

    SI le nid est à moins de 7 mètres d'une entrée d'habitation (porte, fenêtre, ventilation...), d'un balcon, d'une terrasse, d'une cour de récréation ou tout autre espace régulièrement fréquenté, vous pouvez faire appel gratuitement aux pompiers en composant le 112.

    Les interventions des pompiers peuvent être facturées s'il s'agit d'interventions non urgentes

    En cas de danger faible à modéré

    Si le nid est à plus de 7 mètres des cas évoqués au titre "danger immédiat", et qu'il se trouve dans des espaces potentiellement fréquentés (fond d'un grand jardin, arrière d'une remise...) et ne représente pas un risque majeur, faites appel à une entreprise de désinsectisation. Assurez-vous que les professionnels soient formés sur la gestion du frelon asiatique.

    La Région bruxelloise développe un cadre pour l'intervention des professionnels du secteur privé. En attendant, vous pouvez faire appel aux entreprises formées en Flandre ou en Wallonie.

    Principes de lutte intégrée pour les désinsectiseurs professionnels

    • Travaillez préférentiellement à la tombée de la nuit ou au lever du soleil. Le frelon asiatique est strictement diurne et ne sort pas du nid la nuit. Agir en dehors de ses heures d'activités réduit les risques et augmenter l'efficacité de la désinsectisation car tous les frelons sont là.
    • Assurez-vous de porter des équipements de protection suffisamment épais, comprenant combinaison intégrale (p.ex. avec capuche de type heaume et visière grillagée) résistante à la perforation (norme EN 863) et protections oculaires (EN 166). La combinaison doit permettre l'aisance de mouvement et une vision ample à 180°.
    • Pour les petits nids faciles d'accès, optez pour une neutralisation sans biocides : en dehors de la période d'activité, bouchez le trou d'entrée avec du coton, puis emballez le nid dans un plastique épais hermétique et placez le tout au congélateur pour plus de 24h.
    • Pour l'injection d'insecticides par perche télescopique, utilisez des biocides autorisés pour la lutte contre le frelon asiatique (de préférence à base de perméthrine ou cyperméthrine : Vespa ou Permas D). Les produits autorisés sont consultables sur le site de l'autorité fédérale.
    • Dans les sites à caractère naturel (réserves, Natura 2000, zones de haute valeur biologique), utilisez de la poudre de diatomée (Insectosec ou Diatomix).
    Un désinsectiseur neutralise un nid.
    © Honeybee Valley
    • Si possible techniquement, passez quelques jours après supprimer le nid poudré pour réduire les risques d'intoxication pour les oiseaux. Attention à ne pas éventrer le nid et répandre la poudre ou les insectes morts.
    • Évacuez les nids poudrés neutralisés comme des déchets chimiques dangereux, via centre de collecte ou collecteur agréé.
    • La présence de deux opérateurs au moins est recommandée dans les cas complexes.
    • Veillez à l'absence de public lors de l'intervention (riverains, usagers des parcs, clients...).
    • Ne neutralisez pas les nids en pleine journée (risques accrus et efficacité réduite), en particulier en présence de riverains ou usagers des espaces verts.
    • Le dioxyde de soufre (SO2) n'est pas autorisé.
    Un frelon asiatique en gros plan.
    © Gilles San Martin, Wikimedia Commons

    Protégez les ruches

    Emploi de muselières

    L'impact de Vespa velutina sur les abeilles mellifères n'est pas tant lié à la prédation directe (le nombre d'abeilles consommées) qu'à la paralysie de la colonie attaquée. Le frelon en vol ou à l'entrée de la ruche produit une menace olfactive (phéromones) qui stresse les abeilles et attire d'autres frelons, augmentant le phénomène.

    Il est donc important de pouvoir réduire le stress de la colonie. Des solutions techniques existent, notamment les "muselières" qui filtrent physiquement les frelons mais à distance suffisante du trou d'entrée dans la ruche.

    • Privilégiez des muselières à mailles larges (de 10 à 19mm) par exemple de type Pribois, HiveProtect ou StopIt : elles limitent l'entrée en vol des frelons. Des mailles plus étroites perturbent l'entrée et sortie des abeilles mellifères. Comptez de 20 à 40€ par ruche, selon le dispositif et le magasin.

    Emploi de muselières-pièges

    Les muselières-pièges associent une muselière classique à un dispositif de piégeage à sélection physique sans attractif : seuls les prédateurs directs de la ruche sont ciblés.

    La méthode permet de laisser libres les déplacements des abeilles, reines et mâles.

    Emploi de harpes électriques

    Les harpes sont des dispositifs composés de câbles métalliques électrifiés qui électrocutent les frelons qui parcourent le rucher. La distance entre les câbles est calibrée pour laisser passer les abeilles, mais créer le contact avec les ailes du frelon en vol.

    Différents modèles existent, avec alimentation sur prise ou sur panneau solaire.

    • Envisagez l'emploi d'une harpe électrique pour protéger les ruches.
    • N'utilisez pas de bac d'eau savonneuse (sous ou à l'arrière de la harpe) : ce type de dispositif tue de nombreux insectes non ciblés (attractivité de l'eau et/ou de la couleur de la bassine).
    Harpe électrique entre deux ruches.
    © Mellapi

    En savoir plus

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