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Triton alpestre Ichthyosaura alpestris

Découvrez ce triton coloré et discret à Bruxelles 

Caractéristiques principales

Nom latin Ichthyosaura alpestris
Famille Salamandridae
Sous groupe Amphibiens
Paysage Ville Campagne • Ville d'Eau • Ville Forêt
Statut de protection Espèce Natura 2000 • Espèce intégralement protégée
Protection stricte sur tout le territoire régional (Annexe II.2.1, Ord. Nature) ; Espèce d’intérêt régional (Annexe II.4.A, Ord. Nature)
Origine Indigène
Taille 7 à 12 cm
Rareté, abondance Rare
Longévité Jusqu’à 10 ans

Observez, identifiez, découvrez

Le triton alpestre est un amphibien de taille moyenne, identifiable grâce à ses couleurs vives en période de reproduction. Les mâles arborent un ventre orange vif contrastant avec un dos bleu-gris et des flancs marbrés de noir et blanc. Les femelles, plus discrètes, présentent un ventre jaune à orange et des flancs plus uniformes.

Ce triton affectionne les mares, étangs et fossés ensoleillés pour la reproduction. En dehors de cette période, il vit dans les prairies, forêts et zones humides, où il se cache sous des pierres, des feuilles mortes ou des troncs.

Les adultes ne demeurent dans les eaux dormantes que durant la période de reproduction.

Pendant la migration entre ses habitats terrestre et aquatique, le triton alpestre utilise des corridors naturels comme des haies et des bandes boisées. Le triton alpestre est le plus mobile de nos tritons indigènes. Après la métamorphose, les juvéniles se dispersent dans les environs à la recherche notamment d’autres points d’eau. Aux migrationsannuelles entre les habitats d’hiver et d’été et retour, s’ajoutent des déplacements d’une mare à l’autre durant la saison de reproduction. Les bandes boisées, haies de plein vent et ourlets de haute végétation herbacée peuvent servir de couloir entre ces habitats, offrant aux tritons l’abri nécessaire contre la sécheresse, le froid ou la prédation durant leur migration. En règle générale, ils ne franchissent pas de grandes distances. Les habitats d’été et d’hiver sont généralement situés dans un rayon de 50 à 400 m, en fonction de l’adéquation du paysage environnant. Ils peuvent cependant se retrouver parfois à quelque 1000 m de leur site de reproduction

En dehors de la période de reproduction, les Tritons alpestres vivent à terre où ils se cachent souvent dans la litière, sous des pierres, des feuilles ou du bois mort. C’est là aussi qu’ils passent l’hiver. Un paysage à structure variée comprenant des bandes boisées, des haies, des fourrés et des bois leur offre l’abri nécessaire. Dans leur recherche d’un lieu d’hivernage adéquat, ces amphibiens aboutissent parfois dans des caves. Les juvéniles peuvent exceptionnellement hiverner aussi en eau profonde.

Le saviez-vous ?

Le triton alpestre est un excellent indicateur de la qualité des zones humides. Il est sensible à la pollution et à la destruction de ses habitats.

Consultez la carte des amphibiens et reptiles à Bruxelles


Cycle biologique

La migration du Triton alpestre vers les sites de reproduction, au sortir de l’hibernation (qui dure d’octobre à février), a lieu aux premières nuits douces et pluvieuses de fin d’hiver ou de printemps, du crépuscule jusqu’aux environs de minuit. La reproduction a lieu en avril et mai ; les adultes retournent déjà à terre en mai-juin. Les œufs sont pondus en eau peu profonde (de préférence < 10 cm), et emballés isolément dans la végétation aquatique à l’aide des pattes arrière. L’éclosion a lieu 2 à 4 semaines plus tard, en fonction de la température de l’eau. Les larves se nourrissent d’abord d’algues, puis passent progressivement à une nourriture animale. Elles se métamorphosent ensuite en juvéniles, qui quittent le milieu aquatique entre mi-juin et la mi-septembre. L’âge adulte est atteint au bout de 2 à 3 ans. En phase aquatique, le Triton alpestre se nourrit de macrofaune et d’œufs et de larves de grenouilles et de tritons.

  • Visibilité : Février à octobre
  • Hibernation : octobre à février
  • Reproduction : avril à mai
Visibilité : Février - Novembre
Hibernation : Octobre -
Hibernation : Janvier - Mars
Reproduction : Avril - Mai

Risques de confusion

Triton palmé femelle

Triton palmé mâle

Place dans l’écosystème

Alimentation Insectivore • Molluscivore • Carnivore
Spécialisation alimentation Généraliste
Adulte il est carnivore, il consomme des insectes, mollusques, larves d’amphibiens, et petits invertébrés. Les larves se nourrissent d'invertébrés vivant au fond de l'eau, de plancton, puis adoptent le même régime que les adultes.
Lieu de reproduction Aquatiques
Ils ne sont pas très difficiles en ce qui concerne la composition chimique et le niveau rophique (richesse en nutriments) des eaux de reproduction : le pH peut varier de 3,7 à 8,2. Le degré de développement de la végétation peut aller de l’absence totale de végétation avec accumulation de feuilles mortes à la présence d’une abondante végétation de plantes aquatiques. Les Tritons alpestres restent le plus souvent sur le fond des mares. Ils s’accommodent aussi bien d’eaux fortement ombragées que d’eaux ensoleillées, mais une règle d’or pour qu’un site de reproduction soit optimal est l’absence de poissons.
Biotope Etang • Mare • Prairie • Zone humide • Massif boisé
Il occupe une grande diversité d’habitats aquatiques, tels que des mares forestières ou de prairie, des petites mares de jardin, mardelles, fossés, ornières et même des abreuvoirs artificiels pour le bétail. On le trouve plus que les autres tritons dans d’assez petites mares ombragées et relativement fraîches, mais aussi dans des mares plus chaudes. L’espèce est assez peu exigeante, que ce soit pour son habitat terrestre ou aquatique.
Risques de confusion triton palmé, triton ponctué

Gérez et accueillez

Pour favoriser cette espèce

Aménagez les mares

  • Installez les mares à proximité d’un bois, bande boisée, ou haie connectée à un bois. Distance maximale de 100 m dans une prairie ou habitat naturel. Il est également possible d'installer des mares dans des jardins, avec des abris naturels (hautes herbes, buissons, coins humides).
  • N'introduisez pas de poisson (prédateurs d'oeufs et larves) ni d'espèces invasives. 
  • Prévoyez une zone peu profonde au nord pour un réchauffement optimal des larves. Les zones d'ombre sont appréciées mais non obligatoires
  • Maintenez une zone de friche de 20 m autour des mares, non fauchée ni pâturée entre le 1er juillet et le 1er octobre.(hauteur minimale : 10 cm). En cas de fauchage hors période, préserver 25 % de la zone en refuge.
  • Clôturez les mares pour protéger les berges, tout en laissant un accès limité pour l’abreuvement.
  • Assurez vous que la mare reste en eau au moins jusqu’en août (métamorphose des larves).
  • Evitez d'enlever les feuilles autour des mares et autres habitats aquatiques car l'espèce apprécie la présence de litière où il peut se cacher.
  • Aménagez un réseau de mares (au moins 10), distantes de 400 m maximum, avec des connexions adaptées.

Aménagez des habitats terrestres

  • Réhaussez les niveaux d’eau dans les fossés ou aménagez des petits barrages.
  • Conservez les sites comme les glacières, bunkers ou ruines, adaptés avec des ouvertures sécurisées pour éviter les courants d’air.
  • Convertissez les champs en prairies maigres, diversifiées et adaptées à la faune.
  • Diversifiez les zones boisées (lisières étagées, zone humides)

Sécurisez les migrations

  • Réduisez les obstacles (bordures de trottoir, grilles d’égout) en installant des rampes ou grilles adaptées.
  • Installez des crapauducs avec passages souterrains et éléments de guidage, bien positionnés et entretenus.
  • Empêchez l’entrée des tritons dans les caves, bassins d’orage, égouts, etc., ou facilitez leur sortie (échelles, systèmes flottants) afin qu'ils n'y soient pas piégés.
  • Éviter les égouts ou structures fermées (caves, bassins d’orage) non sécurisées.

Prévenez les maladies

  • Respectez les directives spécifiques, comme celles du plan d’action contre la chytridiomycose, pour éviter la propagation des pathogènes.
© Luuk Vermeer, Saxifraga

Entretenez les mares

  • Curez la mare périodiquement, jusqu’au sol minéral, tout en conservant une zone refuge (25 % de la surface).
    Période idéale : mi-septembre à octobre (hors gel).
  • Luttez contre les espèces invasives telles les tortues et oiseaux d’eau domestiques (prédateurs ou source d’eutrophisation).
  • Intervenez en cas de pollution, eutrophisation ou assèchement précoce.

Aménagez des connexions

  • Créez des bandes boisées, haies ou cours d’eau larges (minimum 3 m, idéalement 6 m), avec des zones tampons exemptes de traitements chimiques.
  • Favorisez des corridors le long de cours d’eau pour un microclimat humide.
  • Laissez des tas de bois, branches ou troncs pour les abris et l’hivernage.

Entretenez les éléments ligneux et bandes herbacées

  • Recépez les éléments ligneux tous les 12 ans environ, en laissant des branches pour les abris.
  • Fauchez les bandes herbacées entre février et mi avril (ou après le 1er octobre en cas de décalage) à une hauteur minimale de 10 cm, en préservant 25 % de la zone en refuge.

Le Triton alpestre est sensible à la mycose Batrachochytrium salamandrivorans (Bsal).

  • Proscrivez les pesticides.

Calendrier d'intervention

  • Migration des batraciens : mi février à fin avril
  • Hibernation : octobre à février
  • Curage de mare : mi-septembre à octobre
  • Excavage et étrépage en zone boisée : février à mai inclus.
  • Fauchage possible (10 cm min) : Février à mi-avril 
  • Pas de fauche ni de pâturage : de juillet à octobre
Migration : Mi-Février - Mai
Hibernation : Novembre -
Hibernation : Janvier - Mars
Curage : Mi-Septembre - Novembre
Excavage et étrépage : Février - Juin
Fauche : Février - Mi-Avril
Pas de fauche ni pâturage : Juillet - Novembre
Triton alpestre en phase terrestre © Kees Marijnissen, Saxifraga

Biosécurité : gestion de la chytridiomycose

Ces prescriptions de sécurité sont conformes au plan d'action belge Bsal, pour la lutte contre Batrachochytrium salamandrivorans, maladie fongique atteignant les salamandres.

Pour tout renseignement complémentaire, contactez Bruxelles Environnement.

Mesures générales

  • Ne manipulez des amphibiens que si c'est vraiment nécessaire.
  • Relâchez-les toujours à l'endroit où vous les avez capturés.
  • Lavez-vous bien les mains avant d'entrer en contact avec l'eau ou avec des amphibiens. Nettoyez vous les mails également lorsque vous quittez un endroit, à l'aide d'un gel désinfectant pour les mains.
  • Si vous êtes actifs sur plusieurs sites de traversée, nettoyez soigneusement votre seau entre chaque intervention en enlevant les morceaux de plantes, mottes de boue, et en le rinçant à l'eau.  

Les amphibiens morts et/ou malades, dont la cause de la mort n'est pas identifiable à première vue, représentent un risque important. Manipulez-les uniquement avec des gants.

En présence d'animaux morts

Si vous rencontrez des individus morts dont la cause du décès n'est pas claire à première vue (p.ex. prédation, victimes de la route, noyade), prenez contact avec Bruxelles Environnement.

Les cadavres intacts, ne portant pas de trace de traumatisme (donc pas les victimes de la route ni les cadavres attaqués par des animaux) et qui sont relativement frais, seront récupérés pour analyse.

  • Emballez alors l'animal dans un double sac en plastique et stockez-le au réfrigérateur.

Espèce objectif Natura 2000

Des objectifs de conservation quantitatifs et qualitatifs sont fixés pour chaque espèce d'intérêt régional ou communautaire présente dans les sites Natura 2000 de la Région bruxelloise.

ZSC I Forêt de Soignes et Vallée de la Woluwe

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien des populations existantes.
  • Si possible, développement des populations

Objectifs qualitatifs

  • Réalisation progressive d’une amélioration qualitative de l'habitat de l'espèce
  • Améliorer progressivement la qualité de l'eau dans les cours d'eau et plans d'eau.
  • Au minimum maintenir, et progressivement améliorer des connexions entre les différentes populations d'amphibiens. 
  • Cf. objectifs de conservation relatifs aux habitats 3150, 6430, 9160 et 91E0

ZSCIII Zones boisées et humides de la vallée du Molenbeek

Objectifs quantitatifs

  • Au minimum, maintien des populations existantes.
  • Si possible, développement des populations

Objectifs qualitatifs

  • Réalisation progressive d’une amélioration qualitative de l'habitat de l'espèce
  • Améliorer progressivement la qualité de l'eau dans les cours d'eau et plans d'eau
  • Au minimum maintenir, et progressivement améliorer des connexions entre les différentes populations d'amphibiens
  • Cf. objectifs de conservation relatifs aux habitats 3150, 6430, 9160 et 91E0

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